Heineken serre les boulons

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stratégie - La filiale française du néerlandais se sépare de deux sites sur cinq. Elle adapte ainsi sa productivité au marché et à la stratégie d'optimisation des coûts de production de la concurrence.

Le spectre de Schutzenberger est encore présent dans les mémoires alsaciennes. Cette brasserie née en 1740 a dû fermer ses portes en 2006 faute d'avoir rationalisé son outil de production. Heineken n'a pas envie d'en arriver là. Du coup, le numéro deux français de la bière vient d'annoncer la cession de la Brasserie Saint-Omer, spécialisée dans la production de bières premier prix et MDD, et confirmé la fermeture fin 2009 de la brasserie Fischer.

Les causes ? Un marché français de la bière qui se porte mal, perdant sur un an 4,3 % de ses volumes et 0,8 % de sa valeur. Mais aussi l'accélération de la concentration des acteurs, qu'illustre l'OPA géante lancée par le belgo-brésilien InBev sur l'américain Anheuser-Busch et sa marque fétiche Budweiser. Heineken n'est pas en reste, ayant acquis fin avril, avec son confrère danois Carlsberg, l'écossais Scottish et Newcastle. Une acquisition au prix fort qui incite Heineken à optimiser ses actifs. « L'entreprise fait face à des concurrents qui ont bien amélioré leurs coûts de production », résume Patrick Villemin, secrétaire général d'Heineken.

Tout pour les marques

De fait, les Brasseries Kronenbourg n'ont pas fait dans la dentelle ces dernières années. Le leader français a regroupé toute sa production à Obernai, vendu à l'allemand Frankfurter Brauhaus l'usine de Champigneulles, cédé Elidis, sa filiale de distribution de boissons aux cafetiers. « Sur le plan industriel, la productivité de ce concurrent est 74 % supérieure à la nôtre, calcule Patrick Villemin. Et nous sommes en dessous de la productivité moyenne comparé à nos autres filiales européennes. » Du coup, le néerlandais compte investir lourdement : 124 M E sur ses trois sites restants dont 60 M E à Mons-en-Baroeul (Nord), le reste sur Schiltigheim (Bas-Rhin) et Marseille (Bouches-du-Rhône). Côté social, 126 postes seront supprimés sur son pôle alsacien et 62 sur le site de Mons-en-Bareuil (Nord). « Nous voulons nous recentrer sur nos bières premium, nos marques historiques que sont Heineken, Desperados et Pelforth. » Terminée donc la production de bières MDD et premier prix, auxquelles le site de Saint-Omer s'est dédié au fil du temps. Celui-ci est repris par André Pecqueur qui, ironie de l'histoire, l'avait cédé en 1996 au même Heineken. « Depuis, nous nous sommes spécialisés et Saint-Omer est rentable », se réjouit le repreneur dont l'entreprise devient le premier brasseur indépendant de France mais aussi le plus important fabricant de MDD. André Pecqueur compte investir entre 5 et 6 M E pour, lui aussi, optimiser sa productivité : « D'ici à un an, nous installerons une ligne d'embouteillage de canettes en aluminium, un emballage que nous n'avons pas à ce jour. » Saint-Omer est donc sur de nouveaux rails tandis que la production de la Brasserie Fischer sera transférée peu à peu sur un site distant de 700 mètres.

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Article extrait
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