High-tech : Pixmania absorbe ses pics de vente

Les ventes du site en ligne de produits numériques, Pixmania, ont connu une croissance fulgurante à Noël. Pour gérer les flux de sa pépite, Fotovista actualise sans cesse sa logistique. Visite exclusive de son entrepôt de Pantin.





Entrepôt de Pantin, en région parisienne, 10 heures du matin. Une vingtaine de préparateurs, à pied d'oe-vre depuis trois heures, circulent dans les trois entrepôts du groupe Fotovista. Au milieu des cartes mémoires et des écrans plasma sur les transpalettes, les appa-reils photos numériques sont placés à un rythme de métronome dans les colis.



La raison d'un tel ballet humain et mécanique ? C'est la folie Pixmania, un site internet dédié aux produits d'électronique grand public. La pépite de Fotovista, celle qui réalise 70 % du chiffre d'affaires du groupe. Ce pionnier vole de record en record. Dernière performance, 130 000 colis ont été expédiés en décembre dernier avec une journée à plus de 12 000 commandes.







Livraison en 48 heures



« Nous sommes passés de moins de 100 commandes par jour en 2000 à plus de 5 000 commandes pendant l'année 2004. Aujourd'hui, notre principale difficulté est d'absorber la croissance ininterrom-pue des flux », indique Angel Hernanz, le directeur logistique du groupe. D'autant que le site s'est imposé un principe intangible : aucune gestion en flux tendus et « 98 % des références sont en stock ». Il avance selon une méthode éprouvée : tous les logiciels - informatique, marketing et logistique - sont développés en interne, à l'exception de la gestion des marchandises au sein de l'entrepôt, effectuée par la société Sedia-Txcom.



Pour assurer des commandes disponibles une heure après le paiement en ligne et les livraisons en 48 h chrono dans toute l'Europe, la machine doit travailler sans aucun défaut. Dans l'entrepôt, aucune trace de la frénésie des clics informatiques. Le circuit de circulation des marchandises est optimisé et régulièrement réactualisé, les gestes des préparateurs bien rodés.



Point de départ, à l'arrivée des camions, les produits sont « dépalettisés » puis « repalettisés » en fonction du rangement. Après le scan du code-barres, chaque article dispose d'une adresse comportant un stock minimum et un stock maximum. En fonction de seuils paramétrés, le rangement est effectué soit dans la zone de picking (2 300 emplacements) ou dans la zone de stock (1 800 emplacements) et selon trois modes de classement : en racks dynamiques pour les produits lourds, en étagère pour les articles plus légers, enfin sur palette pour les plus fortes rotations. Afin d' accélérer le placement des produits, un damier de 35 zones a même été mis au point. De fait, la ma- jorité des articles ne prennent pas la poussière. « Le stock, d'une valeur marchande de 18 millions d'euros, tourne une fois et demi par mois. La rotation est multipliée par 3,5 à 4 durant les fêtes », explique Angel Hernanz.







L'agrandissement n'est pas la seule solution



À l'étape suivante, la préparation deux voies sont possibles. La première, entièrement manuelle, permet de réaliser de grosses commandes pour les plates-formes Japan Diffusion (grossiste pour revendeurs indépendants) et les points de vente Foci. Pour les plus petites commandes passées par les internautes, la préparation est semi-automatique. Manuelle d'abord, jusqu'à la pose du dernier produit dans le carton et la facturation. Automatique ensuite pour les opérations de collage, de cerclage, de reconnaissance du colis par lecteur laser fixe et de pesée.



Dans un souci d'efficacité maximum, Pixmania a mis au point trois tailles de cartons qui s'adaptent aux habitudes d'achats de ses clients. « La plus petite taille peut recevoir trois produits, soit le panier moyen des internautes : l'appareil photo numérique, le produit star, généralement acheté avec sa dragonne et une carte-mémoire », déclare Angel Hernanz. L'étiquette du transporteur est créée en fonction de différents critères (pays de destination, contre-remboursement...), puis posée.



À la fin de cette opération, qui aura duré moins de cinq minutes, le colis est aiguillé vers un des neuf transporteurs associés qui vont acheminer le colis à bon port en moins de 48 heures. Une promesse que Pixmania s'engage à tenir. Mais, avec une croissance exponentielle et désormais plus de 70 % de son chiffre d'affaires réalisé hors de l'Hexagone, la société est à l'étroit entre ses murs. Chaque schéma logistique est caduc six mois plus tard. L'agrandissement prévu sur 3 000 m2 n'est donc qu'une solution à court terme. « Nous travaillons sur l'optimisation prochaine des emplacements sur tout le volume de l'entrepôt. Une autre réflexion porte sur de nouveaux convoyeurs qui amèneraient les produits sur des préparateurs postés », indique Angel Hernanz. Envisageable également à moyen terme, le déménagement sur un site unique d'au moins 20 000 m2. Voire l'implantation d'une base logistique en Angleterre, qui nage en pleine Pixmania. Des soucis de riches...





 




 







 

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Article extrait
du magazine N° 1891

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