Hipp, un précurseur du baby food et du bio

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Né en Allemagne il y a cent dix-sept ans, le pionnier de la nutrition infantile et bio travaille aujourd’hui avec plus de 6 000 agriculteurs bio à travers l’Europe.

De la farine de biscottes à mélanger avec du lait : telle est la solution imaginée, en 1899, par le pâtissier Joseph Hipp pour nourrir ses jumeaux que sa femme ne parvenait pas à allaiter. Les bébés furent sauvés… et, bien vite, les clients affluèrent dans la boutique familiale de confection de bougies et de pâtisseries, à Pfaffenhofen, en Allemagne. Le succès fut tel que, quelques années plus tard, Joseph Hipp industrialisa la production de sa farine de biscottes en transformant sa boutique en manufacture. Le début d’une grande aventure industrielle.

En 1932, l’un des fils Hipp, Georg, décide de séparer le baby­food des autres activités de l’entreprise familiale et fonde sa propre usine, toujours à Pfaffenhofen. La société diversifie ses produits. Dans les années 50, Hipp se lance dans les aliments pour bébé, d’abord conditionnés dans des boîtes, en fer, puis dans des pots en verre. À l’époque, baby-boom oblige, la nutrition infantile se développe aux États-Unis comme en Europe. Et si Hipp est le premier à vendre en Allemagne des aliments pour bébé fabriqués industriellement, la marque est surtout la pionnière sur… le bio. Dès 1956, Georg Hipp prend le contre-pied de l’agriculture intensive, qui se répand fortement après la Seconde Guerre mondiale, et adapte la ferme familiale aux exigences de la culture ­biologique.

Plus que la réglementation

Une idée que son fils Claus poursuivra au cours des années 60 en allant convaincre, un par un, des agriculteurs à passer au bio. Une gageure, alors que le secteur est epsilonesque. Aujourd’hui, Hipp s’appuie sur un réseau de plus de 6 000 agriculteurs labellisés AB. Tous les ingrédients de ses produits – hormis épices et fruits exotiques – sont cultivés en Europe, avec un astucieux système de rémunération pour obtenir les denrées les plus saines, et même au-delà de ce qu’exige la réglementation. Les épinards, par exemple, ne peuvent pas dépasser un certain seuil de nitrates. Chez Hipp, plus ce taux est bas, plus les fournisseurs sont payés cher.

Pas question cependant de réduire ses atouts au seul argument du bio. Hipp se targue de vendre de l’alimentation infantile qui, en plus, est bio. Et non l’inverse ! Les acheteurs viennent en rayon d’abord pour répondre à un besoin : nourrir leur bébé. Selon une étude de l’Institut des mamans, en 2015, le taux de pénétration des petits pots de la marque atteignait 41 % en France.

La marque allemande ne manque pas d’avantages, à commencer par ses tarifs, proches de ceux des leaders de la nutrition infantile conventionnelle, Blédina (Danone) et Nestlé. Pour pouvoir aligner ses prix, Hipp a spécialisé ses sites de production afin d’optimiser ses coûts. Ainsi, tous les pots en verre sont fabriqués près de Munich pour l’Europe, les laits liquides et soupes en France, les assiettes en Autriche, et les biscuits en Suisse. Une gestion industrielle, certes, mais hautement raisonnée.

En dates

  • 1899 Joseph Hipp invente une farine de biscottes pour bébés, à Pfaffenhofen
  • 1932 Georg Hipp fonde le groupe et une 1re usine de baby food
  • 1956 Cultures de fruits et légumes bio
  • Années 90 Arrivée de Hipp sur le marché français

Les chiffres

  • 730 M€ de CA annuel de Hipp dans le monde
  • 2 600 salariés dans le monde en 2015
Source : rapport officiel groupe Hipp

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Article extrait
du magazine N° 2415

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