Historique : le prix du gazole tombe à 1 € dans les stations-service les moins chères

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Alors que les cours du baril s'effondrent toujours plus, des stations-service commencent à proposer le gazole à moins de 1 €. En région parisienne, Leclerc et Géant se livrent à une guerre autour de 1,06 €, la plupart se situant entre 1,10 et 1,15 €. Bonne affaire pour les consommateurs et... les géants de la distribution d'essence, qui gonflent leurs marges...

Les prix à un niveau très bas et la baisse semble devoir se poursuivre
Les prix à un niveau très bas et la baisse semble devoir se poursuivre© Kaspars Grinvalds - Fotolia

La guerre des prix en même temps que la hausse des marges, est-ce possible ? Oui, les cours de pétrole ne cessant de chuter après la décision de l'Opep de maintenir sa production, malgré la demande des pays tiers. Deux stations service dans le département de la Vienne proposent pour la première fois depuis cinq ans le litre de gazole à 0,99 centimes d'euros. Dans la région parisienne, Leclerc et Géant se livrent à une guerre aux alentours de 1,06 €. Ce prix bas va faire l'affaire de beaucoup de monde, surtout les consommateurs, à la veille de Noël, qui ont retrouvé grâce à la baisse du prix des carburants - y compris le fioul pour chauffer la maison - un peu de pouvoir d'achat. 

Le gain pour les consommateurs se chiffre en centaines de millions d'euros

Le gain précis est difficile à évaluer, mais il se chiffre en centaines de millions d'euros,  voire proche du milliard au détriment des cinq leaders de la distribution de carburant, le pétrolier Total et les 4 premiers groupes de disrtibution (Leclerc, Carrefour, Auchan et Casino), qui voient leurs chiffre d'affaires chuter d'autant. L'Etat voit lui aussi fondre la TIPCE (taxe sur les carburants). Fin octobre, le manque à gagner en recettes fiscales s'élevait à 300 millions d'euros ! Or, la baisse s'est accélérée depuis et il est très peu probable que la consommation de carburant ait augmenté. Pis, cette perte de recettes ne comprend pas la perte de TVA, assise à la fois sur la taxe et sur le prix hors taxes des carburants.

 

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Baisse de la facture de chauffage ? 

Les foyers qui se chauffent au fioul doivent également regarder leur facture de chauffage chuter sensiblement, tandis que ceux qui se chauffent au gaz ou à l'électricité voient les leurs augmenter ! Car en période de forte volatilité des prix, même à la baisse, certaines entreprises profitent de l'aubaine pour regonfler des marges. C'est aussi visiblement le cas sur les carburants, même à la pompe : en indice, l'écart entre le prix du baril et le priix du gazole n'a jamais été aussi élevé. Mais la chute des prix est telle que la hausse des marges apparaît comme mineure. Elle pourrait même être très positive pour les entreprises, qui paieront moins le transport de leurs marchandises, par exemple. 

 

30 % de hausse de marge brute pour l'essence

Dans sa dernière note de conjoncture, qui date d'octobre, la DGCCRF avait d'ailleurs constaté que les marges brutes des distributeurs d'essence avait grimpé de 30 % ! "Entre septembre et octobre, les marges brutes de transport-distribution en euros par litre ont évolué

comme suit : hausse de 31,7 % pour le SP 95 (+2,6 centimes) ; hausse de 10,7 % pour le gazole (+0,8 centime) ; hausse de 11,2 % pour le fioul domestique (+1,3 centime). Apparemment, le taux de marge a été conservé en novembre, comme le prouve notre graphique. 
 

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Le président et le prix à la pompe
 
Le président de la République, qui s'intéresse de très près au prix du carburant (voir ci-contre) avait pourtant vérifié auprès de la DGCCRF et du ministre de l'Econonomie, Emmanuel Macron, que la chute du cours du brut était bien répercuté dans les prix à la pompe. C'est vrai, mais aussi indéniablement que sa cote de popularité remonte, les marges sont bel et bien aussi à la hausse. Il y a fort à parier d'ailleurs que passé les libations de fin d'année, les associations de consommateurs ressortent de table pour s'inquiéter des prix élevés du gaz ou de l'électricité, qui ne baissent pas, alors que les marchés de l'énergie sont intimement liés...
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