Hors-série Boissons – Juin 2016

Il gagne peu à peu tous les rayons. Si l’esprit artisan s’est rapidement imposé aux rayons dits de bouche – charcuterie, poissonnerie, boucherie…– de façon quasi naturelle, cette tendance arrive peu à peu dans tous les linéaires des boissons. Cela a commencé par les caves à vins qui ont fleuri dans toutes les enseignes. Le signe de cet esprit artisan ? Des parquets blonds, un éclairage plus subtil qu’ailleurs pour ne pas abîmer le vin, des caisses en bois pour mettre en valeur les plus jolis nectars avec parfois, touche à la fois subtile et bucolique si elle est harmonieusement disposée, de la paille au fond de cette caisse.

Le but? Que l’offre vins de la grande distribution soit qualitativement aussi bien perçue que celle du caviste du coin de la rue. Seuls bémols. Rares sont les magasins qui accompagnent cette montée en gamme de la présence d’un conseiller en vins. Et puis, la grande distribution a besoin de volumes forcément différents de ceux d’un petit magasin indépendant. Pour accompagner cette montée en gamme, le prochain prospectus de la foire aux vins de Système U accueillera un cahier supplémentaire baptisé « Esprit caviste ». Celui-ci soulignera que l’enseigne d’associés sait dénicher des petits vins bons et abordables de vignerons dynamiques, loin de l’image intimidante et trop classique des grands crus. Depuis peu, la bière entend, elle aussi, souligner son caractère artisanal. Elle veut des étagères plus haut de gamme que les racks habituels, ce que les enseignes commencent à lui offrir sous forme de cave à bières. Et pour cause. La bière bénéficie d’une des meilleures croissances, à la fois en volume et en valeur, de tout l’univers des PGC. Heineken et Kronenbourg, les deux géants du secteur, reconnaissent même que c’est notamment grâce aux dynamiques et inventives microbrasseries que la petite mousse connaît un nouvel âge d’or.

Côté spiritueux, même essor des « craft spirits » ou spiritueux artisanaux. Le site d’informations BeverageDaily mentionnait récemment qu’en 2015 un lancement sur sept est un « craft spirit », contre un sur vingt en 2011. Et que cette réalité est beaucoup plus nette dans les zones géographiques où les marchés sont matures – Amérique du Nord et Europe – qu’en Asie ou en Amérique du Sud, cela en raison d’une clientèle qu’il faut toujours surprendre avec de nouvelles marques et de nouvelles recettes. Cette réalité n’échappe pas au géant national, Pernod Ricard, qui a récemment racheté le gin allemand Monkey 47, ayant tous les atours d’un « craft spirit ». En magasins, cet esprit artisan n’est pas encore arrivé, sauf pour des meubles contenant des whiskys et sur l’initiative des fabricants de spiritueux. Normal. Car il se dit que le rayon des spiritueux n’offre que peu de marges. Pas assez pour investir dans du bois blond comme au rayon vins.

Sylvie Leboulenger

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