Hors-série Boissons – Juin 2017

Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer
Couv HS Juin

Pour Renaud Dutreil, ancien ministre reconverti dans les affaires, l’eau, c’est important. « L’âge de l’eau me passionne. Cela me fascine aussi de savoir que chaque goutte a cheminé à travers la roche pendant 20 000 ans dans le cas de Jolival [la source qui coule dans le sous-sol charentais et qu’il a rachetée voici quelques années, NDLR] », a-t-il expliqué le 23 mai dernier, lors de la conférence organisée par LSA sur le thème des boissons. Renaud Dutreil, si fasciné soit-il par cette molécule, n’en reste pas moins un business man. Il a ainsi converti Jolival – une eau premier prix au moment où il l’a reprise –, qui « dégageait seulement 1 centime d’euro de marge, en eau premium, avec 7 centimes de marge », et la vend localement et jusqu’au Japon.

Et pour cause. Les Japonais ont en commun avec Renaud Dutreil d’avoir un lien très particulier à l’eau. Quand les ambassadeurs des Hibiki et autres Nikka détaillent les caractéristiques de leurs whiskies, ils ne manquent jamais d’évoquer la pureté de l’eau qui entre pour un bon tiers dans la composition de leurs élixirs. Ailleurs, dans la grande région écossaise des whiskies, le Speyside, dans le Tennessee pour les bourbons et même dans le cognac, peu d’acteurs parlent avec autant d’éloquence que les Japonais de l’eau utilisée. Idem dans la bière. Seul le néerlandais Bavaria communique sur le fait que sa brasserie puise l’eau d’une source qui coule à quelques centaines de mètres de profondeur sous ses fondations. D’ailleurs, dans son pays, Bavaria vend aussi de l’eau en bouteilles. Il est regrettable de ne pas insister sur cet ingrédient ; quelques mots sur la pureté d’une eau valorisent immédiatement une marque en lui offrant un lien évident avec la nature.

Rapprocher les produits manufacturés de la Terre nourricière est essentiel, à l’heure où le véganisme, ce mode de consommation qui supprime drastiquement tout ce qui a trait avec le règne animal, monte en puissance. Un signe que les consommateurs introduisent de plus en plus de conscience dans leurs achats.

Il existe même des vins siglés véganes, qui ont supprimé les quelques grammes de protéine animale servant à agglomérer les impuretés de la boisson, lors d’une opération appelée le « collage ». Beaucoup d’enseignes en ont déjà référencé dans leurs rayons, sans les mettre en avant, parfois sans le savoir. Normal, car le blanc d’oeuf, longtemps utilisé pour le collage, est de plus en plus banni depuis qu’on l’a identifié comme allergène. Il est remplacé par une colle végétale, faite de pois… Tout ce qu’il y a de plus végan. Au Royaume-Uni, certaines enseignes, dont Marks & Spencer, exigent de leurs fournisseurs des vins véganes pour faire la différence avec la concurrence, mais aussi pour apparaître comme un distributeur moderne aux yeux de leur clientèle. On voit aussi apparaître des jus de fruits véganes… Ce qui peut laisser dubitatif nombre d’acheteurs. Les fruits ne le sont-ils pas par définition ?

SLEBOULENGER@LSA.FR

Nos partenaires

 

 

 

 

 

Réagir

Pseudo obligatoire

Email obligatoire

Email incorrect

Commentaire obligatoire

Captcha obligatoire

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Appels d’offres

Accéder à tous les appels d’offres

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA