Hors-série LSA Boissons – Septembre 2019

HS Septembre

La France n’est pas spécialement en avance sur le sujet brûlant de la consigne. Actuellement discuté au Sénat, le projet de loi relatif à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire devrait aboutir, entre autres nombreuses propositions, à la mise en place d’une consigne (voir LSA n° 2571) à l’horizon 2022-2023. Les industriels et les pouvoirs publics pensent en effet que, quoique coûteuse, ce sera la façon la plus efficace d’augmenter le taux de collecte, mais aussi d’obtenir du PET propre car non mélangé à d’autres détritus issus de nos poubelles jaunes. Le sujet étant dans l’air, il est intéressant de regarder ce qui se passe ailleurs.

La palme de l’audace revient à l’Italie. Et, plus précisément, à Rome où des collecteurs de bouteilles en plastique ont été installés dans trois stations de métro. On y dépose sa bouteille en échange de 0,05 €. Cet argent est directement versé sur le compte d’une des applications permettant d’acheter des tickets depuis son smartphone. Dans la capitale italienne, un ticket de métro pour un aller simple coûte 1,50 €. Il faut donc rapporter trente bouteilles pour profiter d’un voyage gratuit.

Un système aussi malin existe en Turquie et en Indonésie. Ainsi, à Surabaya, deuxième plus grande ville du pays après Jakarta, les autorités offrent des tickets de transport contre des bouteilles usagées. Là-bas, un trajet en bus d’une heure s’échange contre trois grandes bouteilles, cinq bouteilles de taille moyenne ou encore dix gobelets en plastique, à condition qu’ils ne soient ni souillés ni écrasés. Depuis la mise en place de cette initiative, 16 000 personnes auraient bénéficié chaque semaine de billets de transport gratuits en participant à la lutte contre la pollution, ce qui équivaut à environ six tonnes de déchets en plastique collectées. Pas mal pour un pays – le deuxième après la Chine – pointé du doigt à cause de ses rejets de déchets en plastique dans la mer. Cependant, le gouvernement de Jakarta a pour objectif de réduire de 70 % ces volumes rejetés dans la nature d’ici à 2025.

Direction aussi le Québec où les machines de déconsignation s’appellent des « gobeuses » car elles engloutissent les contenants des boissons en aluminium, en verre ou en plastique. Les emballages concernés se reconnaissent à l’inscription « Consignée Québec ». Et le site militant Consignaction indique que les Québécois se privent par ailleurs de 32 millions de dollars canadiens (21,8 millions d’euros) chaque année en ne rapportant pas leurs contenants.

Enfin, plus près de chez nous, outre-Rhin, la « pfand » concerne de nombreux emballages : bouteilles, grands pots en verre (yaourt par exemple), canettes en aluminium, briques et boissons en bouteille en plastique. Les Allemands sont parfaitement habitués à partir faire leurs courses presque aussi chargés à l’aller (emballages vides) qu’au retour (contenants pleins). Reste à voir si les Français, réputés pour être moins disciplinés, sauront faire de même.

SYLVIE.LEBOULENGER@LSA.FR

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