Hors-série LSA Epicerie – Avril 2021

Couv

On se souviendra tous très très longtemps de 2020. Historique, exceptionnelle, inédite, hors du commun, l’année, on l’a dit et redit, restera celle de tous les superlatifs pour les produits de consommation en général et pour l’épicerie en particulier avec des croissances jamais observées pource rayon dit de fond de placard. Mais derrière ces chiffres purement conjoncturels, la réalité a été plus rude pour certaines catégories. Pendant que les pâtes, les conserves, la farine caracolaient en tête, avec des progressions folles, d’autres s’enfonçaient plus ou moins profondément dans le rouge. Ils sont 13 familles –seulement– sur les 107 que compte le secteur à avoir vécu une année «sans», comme on dit.

Les signaux les plus inquiétants viennent de l’univers de l’épicerie sucrée (11familles sur les 13). Et plus spécifiquement des chewing-gums, qui, avec une chute de 21,2%, ressortent comme les plus mauvais élèves de l’année. Dur! Les raisons de cette bérézina sont multiples: moins d’interaction sociale, des consommateurs plus anxieux pendant leurs courses, donc moins disponibles pour les achats en devant de caisse, une fréquentation en hausse des caisses automatiques et le boom du drive… Bref, la crise sanitaire a été clairement défavorable à toutes les catégories d’impulsion, dont la première d’entre elles, les chewing-gums.

Le mal est toutefois bien plus profond, le contexte n’ayant fait qu’accélérer un mouvement de fond pour cette catégorie à la peine depuis de nombreuses années. Face à cette situation, les leaders Mars Wrigley et Hollywood s’activent. Développement des investissements médias, renforcement de l’accessibilité prix, lancement de produits plus naturels et de packs plus responsables et augmentation de la visibilité des produits sur les moteurs de recherche des drives et l’arborescence des sites sont au menu pour donner une nouvelle dimension aux chewing-gums, qui ont vu leur chiffre d’affaires divisé par deux en dix ans. Ou du moins essayer!

Parfois contraintes par la situation sanitaire, sociale, économique, les mutations vont devoir nécessairement s’accélérer dans les prochains mois pour tous les acteurs. Et ce indépendamment des performances commerciales passées ou à venir. Cette crise, qui a agi comme un crash test, a permis de révéler les modèles les plus solides et les plus fragiles. Et confirmé aussi l’impérieuse nécessité de mener des transformations profondes. Agir plutôt que subir! On pense bien entendu au grand bond en avant du digital, qu’il faut désormais appréhender pleinement. Mais aussi, bien entendu, aux enjeux environnementaux ou aux défis économiques qu’il va falloir relever dès aujourd’hui et encore plus demain. Or, dans un climat d’incertitudes, voué à durer, ce qui fera la différence, c’est plus que jamais la capacité des dirigeants à voir plus loin, à projeter leur entreprise dans un horizon plus vaste, où l’année 2020 ne sera qu’un lointain souvenir…

FBRAY@LSA.FR

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