Hors-série LSA Frais – Avril 2018

Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer
HS Frais

C’est l’un des moments forts – pour ne pas dire électriques – de la journée marathon d’Emmanuel Macron lors du dernier Salon de l’agriculture, le 24 février dernier. « Le glyphosate, il n’y a aucun rapport qui dit que c’est innocent. Certains disent que c’est très dangereux, d’autres que c’est moyennement dangereux. Moi, j’aurai à répondre de ce que je fais demain, après-demain. Les ouvriers agricoles, les consommateurs me diront “Vous saviez et vous n’avez rien fait”. Ils me regarderont droit dans les yeux. Ils n’iront pas vous chercher, vous ! », a lâché, un brin énervé, le président de la République à cet agriculteur contestant l’interdiction d’ici à trois ans du glyphosate. Un échange musclé qui témoigne de la volonté du gouvernement actuel – déjà largement exprimée lors des États généraux de l’alimentation – d’avancer (enfin) sur ce sujet. Et qui, malgré les inquiétudes – légitimes au demeurant – de certains agriculteurs quant aux impacts économiques sur leur exploitation, confirme plus largement que la chasse aux pesticides sonne désormais comme une évidence. Cette évidence relève même, si l’on réfléchit bien, du fameux « bon sens paysan », loin de tous clivages idéologiques ou politiques…

Jugés mauvais pour l’environnement et pour la santé, les pesticides font l’objet de nombreuses polémiques. Dernier exemple en date, la publication en février d’un rapport de l’ONG Générations futures. Sans surprise, elle révélait que les fruits et légumes contenaient des pesticides, mais, plus grave, dans des limites supérieures aux seuils légaux fixés par l’Union européenne pour 2,7 % d’entre eux. Ce qui, en soi, ne revêt pas forcément un caractère dangereux dans le cadre d’une consommation normale, estime les scientifiques. Mais qu’importe ! Les craintes, réelles ou infondées, appellent des réponses de la part des acteurs de la grande consommation. Signe d’une prise de conscience, les fabricants comme les distributeurs ont commencé à initier des actions dans ce domaine.

Le bio, label qui garantit, rappelons-le, la non-utilisation de produits issus de la chimie de synthèse, étant le levier le plus évident et le plus actionné. Pour preuve, ce marché de plus de 8 milliards d’euros, en croissance année après année de plus de deux chiffres, est au coeur de toutes les stratégies. « Et tant mieux », souligne un expert du bio. « Si on veut obtenir un effet maximal sur l’environnement et la santé, cela ne pourra pas se faire en restant à 6,5 % de surface agricole utile en bio. Pour augmenter ce chiffre, il va falloir la mobilisation de tous les acteurs. » Dont acte. En parallèle, d’autres initiatives émergent, à l’image de celle emmenée par le Collectif Nouveaux Champs autour du zéro résidu de pesticides, sorte de troisième voie entre le bio et le conventionnel (lire page 66). Une troisième voie qui n’est pas sans évoquer celle empruntée par Lactel avec son lait « l’Appel des Près » ou encore Intermarché avec « Les éleveurs vous disent merci »(lire page 30). Autant de signes, qui permettent d’espérer qu’une autre agriculture et une autre alimentation sont possibles…

FBRAY@LSA.FR

Nos partenaires

 

 

 

 

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA