Hors-série LSA Frais froid – Avril 2021

HS Avril

«Vous reprendrez bien un peu de scarabées Molitor et de vers de farine ? » Si ce dîner relève, encore et sans doute pour longtemps, de l’imaginaire, une révolution alimentaire, moins médiatique, est bel et bien en marche (lire notre enquête p. 10). Sous l’impulsion de quelques start-up brillantes et visionnaires, la France est en train de devenir leader dans l’élevage et la transformation des insectes. Bourrées de protéines, riches en fer et en vitamines, produisant 99 % de moins d’émissions de gaz à effet de serre que le bœuf, faciles à élever et à transformer que ce soit en farine ou en huile, ces petites bêtes multiplient les atouts et constituent une réponse intéressante à court terme pour l’alimentation animale et à moyen ou long terme pour l’alimentation humaine. Des premiers produits grand public ont déjà fait leur apparition, à l’image du porc dont l’alimentation a été enrichie à l’huile d’insecte qu’Auchan, associé à InnovaFeed, propose dans ses hypers des Hauts-de-France. Et ce n’est évidemment qu’un début.

Idem pour les algues, dont le potentiel est, lui a ussi, sous-exploité. « Les algues peuvent apporter une vraie réponse pour l’alimentation indirecte, quand elles sont intégrées dans l’alimentation animale et végétale, mais aussi pour l’alimentation directe, comme c’est le cas en Asie depuis des siècles », estimait Vincent Doumeizel, conseiller Océan au Pacte mondial de l’ONU, lors de l’Alg’Week, événement digital qui s’est tenu du 1er au 5 mars.

Insectes et algues devraient donc s’inviter de plus en plus, au moins indirectement, dans nos assiettes. Mais quid de la nourriture imprimée en 3D, des aliments génétiquement modifiés ou de la viande in vitro, souvent présentés eux aussi comme des scénarios d’avenir ? Sur ces points, les experts semblent plus divisés, ces sujets faisant l’objet de nombreuses polémiques techniques, législatives ou culturelles. De fait, il y a fort à parier que l’alimentation du futur, qui n’en finit pas d’alimenter les fantasmes, soit finalement moins spectaculaire que ne l’imaginent certains mais, en revanche, plus adaptée aux attentes réelles des consommateurs (et donc mieux acceptée) et surtout aux ressources disponibles.

Car l’enjeu majeur est là : faire face aux défis démographiques et environnementaux qui nous attendent. Aucune innovation ne pourra plus jamais faire l’impasse sur ces questions-là. Les industriels des PGC l’ont déjà bien intégré, même si les efforts doivent se poursuivre. Bio, végétal, made in France : les tendances actuelles s’inscrivent pleinement dans ce mouvement et continueront dans les prochaines années à conduire le travail des fabricants. Tout comme les actions autour de la lutte contre le plastique et pour des emballages plus verts (lire p. 44), qui se multiplient dans ce vaste secteur du frais désormais à la pointe dans ces démarches vertueuses.

FBRAY@LSA.FR

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