Hors-série LSA Frais Froid, Fruits & Légumes – Avril 2019

HS Avril

La fin de la TVA sur les produits bio, bonne ou mauvaise idée ? C’est en tout cas le nouveau pavé dans la mare – encore un – lancé par MichelÉdouard Leclerc le 15 mars lors d’une interview au Parisien. « Je l’ai défendue au départ [la baisse de la TVA sur les produits de première nécessité], mais j’ai évolué, car les produits de première nécessité ne sont pas toujours de qualité. Je propose plutôt de supprimer la TVA sur les produits de qualité comme le bio, pour le rendre plus accessible et permettre à la population la plus modeste d’y avoir elle aussi accès. Je propose la TVA zéro pour le bio, forcément plus cher. Ça ne doit pas être réservé aux plus riches », a déclaré, un brin démagogique, MEL. Comme d’habitude, les réactions ne se sont pas fait attendre. « Encore un coup de com’ », s’est insurgée Christiane Lambert, présidente de la FNSEA lors de sa conférence annuelle. « Il ne faut pas que cette baisse soit intégrée dans les marges de la grande distribution », a commenté de son côté le Premier ministre Édouard Philippe sur Europe 1.

Défendue aussi par des spécialistes comme Biocoop, et ce dès 2017, cette exonération de TVA, si elle est vue comme un levier pour rendre plus accessible les produits bio et dynamiser le développement de la filière, soulève de nombreux doutes. « Cela aurait le mérite de mettre la fiscalité au service des enjeux liés à la transition écologique, agricole et environnementale, mais le bénéfice serait somme toute modeste pour les consommateurs : 5% de baisse de prix ne serait pas du tout significatif. Surtout, il n’y a aucune garantie que cette baisse ne sera pas captée par la grande distribution au lieu d’être redistribuée à la filière », estime Charles Pernin, délégué général du Synabio. Et tous de se souvenir de l’absence d’effet de la baisse de la TVA dans la restauration, que ce soit sur les emplois ou sur l’addition des Français. Quid enfin des produits bio importés ?, s’interrogent certains.

Surtout, si la démocratisation du bio reste un objectif louable et souhaitable, la priorité est ailleurs! Alors que la demande explose au point même de frôler la pénurie pour certains marchés, l’enjeu est avant tout d’accompagner les conversions et de préserver la valorisation de ce marché et une juste rémunération des agriculteurs. Or, sur ce sujet, l’inquiétude monte. Les négociations commerciales s’étant visiblement mal passées. «Nous sommes désormais traités comme les acteurs du conventionnel avec des pressions fortes sur les prix», lancent plusieurs industriels. Avant de dénoncer les opérations promotionnelles récentes de certains distributeurs – ils se reconnaîtront – proposant du lait bio au prix du conventionnel ou des yaourts MDD moins chers que des yaourts à marque nationale.

Attention donc à ne pas se tromper de combat. Un combat plus large pour une alimentation plus saine, plus durable qui rejoint les questions autour de la lutte contre le gaspillage alimentaire, le bien-être animal, la pêche durable, l’agriculture urbaine… Autant de sujets abordés dans ce hors-série Frais consacré à ce secteur stratégique à bien des égards pour la grande distribution.

FBRAY@LSA.FR

Nos partenaires

             

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

X

Recevez chaque semaine l’essentiel de l’actualité des marchés, des distributeurs et des fournisseurs de produits alimentaires.

Ne plus voir ce message
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA