Hors-série LSA Frais Froid – Mars 2022

Hors série

Il semble que les feux sont passés au vert pour les produits frais LS et les surgelés en grandes surfaces. Certes, ces marchés ont, comme leurs confrères de l’épicerie (- 1,7 %), mais moins que ceux du DPH (- 4,2 %), connu un coup d’arrêt l’an dernier, selon Iri, avec des ventes en recul de 1,7 % en valeur, à un peu plus de 45 milliards d’euros. Mais ce recul était logique après une année 2020 durant laquelle tous les compteurs se sont affolés, crise sanitaire oblige, générant une hausse des recettes (+ 7,6 %) et des volumes (+ 6,7 %) jamais vues pour les produits frais et surgelés.

Schématiquement, les catégories qui avaient été un peu délaissées – le snacking ou les plats cuisinés élaborés, notamment –, ont retrouvé des couleurs à la faveur du boom du télétravail quand, un an plus tôt, c’étaient plutôt les basiques des rayons qui avaient les préférences des Français, alors en pleine redécouverte des bienfaits du fait-maison. Ce phénomène, encouragé par les confinements et des déplacements réduits, avait entraîné en 2020 une percée des grands basiques du frais. La boucherie (+ 14 %), les volailles (+ 11 %), la charcuterie (+ 10 %), les œufs (+ 11 %), le beurre (+ 8 %), les fromages (+ 8 %), etc., n’avaient pas été à pareille fête depuis bien longtemps

Pour tous ces blockbusters, le retour à la réalité a été plutôt abrupt l’an dernier. Pourtant, sur deux ans, les gains de consommation restent importants. Et l’engouement pour le home made pourrait perdurer plus qu’on ne le croit. Normalisation du travail à domicile chez près d’un Français sur cinq, volonté de mieux contrôler son alimentation, d’éviter le gaspillage, de se recentrer sur son « chez soi », tout en cherchant à maîtriser son budget dans le contexte inflationniste et anxiogène qui se dessine : les ingrédients sont là…

Un brin « tradi » et « vieille France », ce retour aux bons petits plats faits maison ? Peut-être, mais la tendance va de pair avec un second phénomène majeur qui marque l’alimentation de ces années Covid (le troisième étant le boom de l’e-commerce) : l’incroyable succès des spécialistes du frais et des commerçants de bouche. Toujours selon Iri, les enseignes spécialisées du frais et les commerces traditionnels – les bouchers, fromagers, charcutiers, boulangers, poissonniers et autres marchands de primeurs de nos cœurs de ville – ont connu des croissances respectives de 12 et 20 % l’an dernier, et, sur deux ans, de près de 40 %. Les artisans de bouche ont vu leurs ventes progresser de plus de 4 milliards d’euros en deux ans pour frôler les 20 milliards. Quand les enseignes de frais, elles, ont gagné plus d’un milliard pour atteindre près de 5 milliards de chiffre d’affaires.

Et cette croissance qui a échappé pour une bonne part aux grandes et moyennes surfaces, malgré leurs efforts pour dynamiser ces rayons porteurs d’image et de marges, devrait les inspirer. Car si les artisans du frais ont tiré profit de la crise sanitaire pour capter des clients qui étaient, un temps, limités dans leurs déplacements, ils ont aussi su les garder en offrant du lien, des compétences, des attentions, des sourires (derrière les masques). Ces petits riens qui font souvent tout et qui ont beaucoup manqué aux Français.

JÉRÔME PARIGI

Nos partenaires

 
 
   

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

X

Recevez chaque semaine l’essentiel de l’actualité des marchés, des distributeurs et des fournisseurs de produits alimentaires.

Ne plus voir ce message