Hors-série LSA Green – Mai 2021

Hors Série Mai 2021

«La transition écologique va obliger les industriels à renouveler leurs offres. Paradoxalement, le capitalisme va trouver dans la lutte climatique un moyen de se repositionner. » Les propos de Michel-Édouard Leclerc sont justes. Il aurait pu ajouter que les distributeurs sont logés à la même enseigne que les industriels. Mais le commerçant de Landerneau a raison de sous-entendre que le développement durable est une opportunité pour les entreprises. Car il ne sert à rien d’opposer le capitalisme à l’écologie, la croissance verte à l’économique. Ces deux « croyances » sont liées. Il ne s’agit pas uniquement de répondre à des lois contraignantes ou de contrecarrer des revendications d’ONG virulentes.

Ce troisième numéro de LSA Green démontre en effet à quel point l’engagement est beaucoup plus profond que quelques idéologies ou rodomontades. Les professionnels peuvent transformer des contraintes apparentes en de vraies opportunités, en faire un outil de management et une valeur de différenciation. Et à lire ce hors-série, tous les secteurs de la consommation sont concernés, de l’alimentaire à la mode en passant par le jouet ou l’hygiène-beauté. Quant aux chantiers, ils sont très variés et vont de l’agriculture régénératrice à la vente en vrac, en passant par la réduction des emballages ou la recomposition des recettes. Ici, on traque le gaspillage et les émissions de CO². Là, on vante les mérites de l’occasion et on recycle. Dans certains cas, de sérieux investissements sont nécessaires (l’installation des bornes de recharge électriques sur les parkings) et, dans d’autres cas, il faut surtout de la conviction et du temps (chez Nestlé, le groupe de 28 jeunes collaborateurs qui challenge le Comex RSE).

Bien sûr, certains montrent du doigt des situations aberrantes ou des entreprises qui accusent un retard coupable. D’autres, sans société à diriger ni comptes d’exploitation à gérer, disent que cela ne va pas assez vite. Ils ont raison, mais l’entreprise ne peut pas aller plus vite que ses capacités financières et ses moyens humains. La question du rythme de la transition écologique restant un débat légitime... et ouvert.

En revanche, la discussion s’avère plus délicate avec ceux qui pensent que les acteurs de la consommation se lèvent tôt en rêvant d’empoisonner les Français et se couchent tard en se demandant comment polluer plus la planète. « Foodbashing », « agribashing » et « distribashing » sont à bannir, tant tous les acteurs en ont compris tous les enjeux. À tel point qu’on peut être surpris, parfois, par tout ce que font les marques et les enseignes sans le dire. « Nous sommes de grands faiseurs et de petits diseurs », répond un industriel. Il n’en reste pas moins que la communication, auprès des consommateurs, mais aussi des politiques, des syndicats, des associations et ONG, se doit d’être encore plus forte, démonstratrice. Il faut développer un marketing de la preuve de tous les chantiers engagés.

Pour convaincre les réfractaires, Bertrand Piccard, l’homme de Solar Impulse, explique très bien pourquoi toutes les entreprises, des petites aux grandes, sont dans l’obligation économique de s’engager dans cette transition écologique lorsqu’il déclare : « Remplacer ce qui pollue par ce qui protège l’environnement, c’est ça, le marché du siècle ! »

YPUGET@LSA.FR

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