Hors-série LSA GREEN – Novembre 2021

HS

« Des avancées insuffisantes », « un manque d’ambitions », « une montagne qui accouche d’une souris », « un rendez-vous manqué »… La conférence des Parties des Nations unies sur le changement climatique (COP26), qui se tenait à Glasgow, en Écosse, du 31 octobre au 12 novembre, s’est clôturée sous une pluie de critiques. L’accord obtenu à l’arraché, après vingt-quatre heures de prolongation, entre les grandes puissances visant à réduire leur émission de gaz à effet de serre et à s’attaquer (enfin) aux énergies fossiles, a créé, une nouvelle fois, la déception du côté des associations écologiques. Mais pas uniquement.

Et pour cause. Les chances de freiner le réchauffement climatique, si elles existent encore, apparaissent de plus en plus réduites. Selon les estimations de l’ONU, les nouveaux engagements climatiques à l’échéance 2030 ne devraient en effet entraîner aucun changement de la trajectoire de température et conduire à un réchauffement « catastrophique » de 2,7 °C d’ici à la fin du siècle et de 2,1 °C en prenant en compte les promesses de neutralité carbone de plus de 70 États représentants trois quarts des émissions mondiales, dont la France. Loin donc de l’objectif fixé lors de l’accord de Paris, en 2015, de limiter le réchauffement à 1,5 °C.

Pas question pour autant de sombrer dans le pessimisme ou l’éco-anxiété, mal qui gagne de plus en plus de citoyens. Cet accord de la COP26, même s’il n’est pas parfait, représente malgré tout un pas supplémentaire dans la bonne direction. Et confirme que la solution passera par une mobilisation générale, de tous les pays et notamment des plus grandes puissances, de tous les citoyens au-delà des clivages politiques mais aussi de toutes les entreprises. « Tous les dirigeants doivent comprendre qu’il faut changer, pour notre planète mais aussi pour rester dans la course économique », observe Arnaud Leroy, le président de l’Ademe dans une interview qu’il a accordée à LSA (lire page 6).

Une prise de conscience qui semble ne plus faire de doute aujourd’hui au niveau des plus hautes instances dirigeantes. Longtemps opposés, les performances économiques et les enjeux environnementaux et sociétaux se concilient de manière de plus en plus évidente pour la plupart des acteurs de l’économie en général et de la grande consommation en particulier. Franco-français, le statut des entreprises à mission, issue de la loi Pacte de 2019, attire d’ailleurs de plus en plus (lire l’enquête page 12). Leur nombre a ainsi quadruplé en France en un an et le cap des 1 000 entreprises devrait être franchi dès l’an prochain. Bien sûr, cela n’est pas une fin en soi et, pour tous les acteurs, il y a encore des progrès à faire, des actions à renforcer, des stratégies à accélérer. Mais les initiatives actuelles autour de l’occasion, des emballages, du gaspillage alimentaire, etc. sont autant de signaux positifs qui montrent que la trajectoire est la bonne. La stratégie des petits pas en attendant, espérons-le, de grandes annonces lors de la COP27, qui se tiendra l’an prochain en Égypte.

FBRAY@LSA.FR

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