Hors-série LSA Spécial Epicerie – Juin 2020

HS Epicerie

Des semaines de folles croissances dont se souviendront longtemps les acteurs des PGC en général, et ceux de l’épicerie en particulier. Comment oublier les images relayées juste avant le confinement des rayons de pâtes désespérément vides ou, quelques jours plus tard, des linéaires dévalisés de la panification fraîche (pains de mie, pains à burger…) et de la farine ? Forts de leur statut de fond de placard et de leur caractère stockable par nature, les produits d’épicerie ont été, avec les surgelés, pris d’assaut lors des achats des Français durant cette période si particulière. Résultat, l’épicerie salée est, après les surgelés salés (+ 34 %) et sucrés (+ 23 %), le rayon champion de cette période (du 16 mars au 26 avril, selon Nielsen) avec un bond de 23 %, qui tranche avec le très modeste + 1,3 % enregistré en 2019, un rythme de croisière auquel il est habitué.

Cet emballement des Français pour le riz, les pâtes et autres pains de mie a mis à rude épreuve les fabricants concernés, qui ont dû forcer la cadence et adapter à vitesse grand V leur outil de production pour assurer l’approvisionnement et limiter les ruptures, le tout en garantissant la sécurité des salariés. Un tour de force réussi haut la main, qui mérite encore et encore d’être salué. Mais, tout le monde le sait, cet épisode intense n’a pas été et ne sera pas sans conséquences. Entre les surcoûts liés aux dépenses de sécurité, à la logistique, aux matières premières, la mise en place de la fameuse stratégie du 20/80, qui a conduit la plupart des fabricants à se concentrer sur les grosses références – pas celles générant le plus de marges –, la baisse d’activité due à la fermeture des cafés et des restaurants, le regain de concurrence des MDD… les inquiétudes des industriels de l’épicerie, comme de l’ensemble du secteur, quant à la dégradation de leur rentabilité sont réelles. D’autant que les rythmes de folles croissances d’hier ne sont déjà plus ceux d’aujourd’hui, et sans aucun doute pas ceux de demain.

Aussi, maintenant que la pression commence tout doucement à retomber, il convient, autant que possible, de retrouver un semblant de normalité et de se mobiliser pour assurer le contrecoup de cette crise, qui, loin d’être finie, entre dans une nouvelle phase. Il s’agit alors de se reconcentrer autant que possible sur les basiques, en premier lieu l’innovation, seul gage de valorisation alors que le pouvoir d’achat des Français est et sera mis à mal dans les prochains mois. Mais aussi de poursuivre, voire de renforcer les actions dans le domaine du développement durable, avec la même force et la même volonté qu’avant la crise (lire notre enquête pages 12 à 15). Car si personne ne sait à quoi ressemblera ce fameux monde d’après, qui fait tant fantasmer experts et médias, la crise environnementale représente une autre – la prochaine ? – crise qu’il va falloir surmonter collectivement.

FBRAY@LSA.FR

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