Hors-série LSA Spécial Frais Froid et Légumes – Avril 2020

HS Avril

« Déléguer notre alimentation est une folie », cet te phrase lancée par Emmanuel Macron, lors de son discours du 12 mars en pleine crise du coronavirus, n’a pas manqué de faire réagir. « Enfin ! », estiment les ardents défenseurs de la souveraineté alimentaire. Au premier rang desquels Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, qui s’exprimait sur lsa.fr le 20 mars dernier. « Cette crise montre à quel point les entreprises sont imbriquées entre elles. Elle remet aussi l’alimentation sur le devant de la scène. Mais depuis ces quinze dernières années, les importations de poulets ont augmenté de plus de 175 %, celles de fruits de plus de 67 % et celles de légumes de 50 %. »

Les chiffres sont en effet sans appel. En 2019, les volumes importés par la France ont, pour la première fois, été supérieurs aux volumes exportés. « Or, moins le secteur produit, moins il peut être compétitif », se désole Christiane Lambert. Avant de poursuivre : « La crise remet les pendules à l’heure et pose la question cruciale de la sécurité alimentaire de la France. Elle pose aussi les limites de la montée en gamme de la production encouragée depuis les États généraux de l’alimentation. Il est important de pouvoir continuer à assurer la production d’une alimentation basique et accessible à tous. » Que de questions qui mériteront de vraies réponses en temps voulu...

Est-ce à dire pour autant qu’une fois la crise sanitaire surmontée, il y aura un avant et un après pour l’agriculture française ? Que la relocalisation évoquée sera effective et même possible, voire souhaitable ? Que tous les paysans pourront enfin vivre dignement de leur travail ? Malgré mon optimisme naturel, permettez-moi d’être tout de même sceptique ou du moins très prudente, tant on sait que les grands discours ne sont pas souvent (rarement en fait) suivis d’actions concrètes et que les esprits ont la mémoire courte.

Mais peut-être au moins cette période inédite que nous sommes en train de vivre remettrat- elle les pendules à l’heure, alors que sévit depuis des mois ce phénomène d’agribashing (lire notre rubrique Enquête pages 12 à 15). Ce sont ainsi 15 000 atteintes à l’encontre des agriculteurs qui ont été recensées en 2019, en progression de 1,5 %. Beaucoup trop…

Alors espérons que, plutôt que de devoir se battre contre ces attaques et ces dénigrements, nos agriculteurs pourront retrouver la confiance pleine et entière de tous les Français. Une image plus juste et plus rationnelle de leur quotidien et de leur rôle vital dans notre société. Et ce sans que cette profession soit exempte pour autant d’enclencher voire d’accélérer les nécessaires évolutions de son modèle et de ses pratiques mais sans pression ni violences gratuites, inutiles et inacceptables.

FBRAY@LSA.FR

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