Marchés

Hors-série LSA Spécial PGC – Octobre 2020

HS Octobre

Vive la crise ! Telle pourrait être, en étant un brin provocant et volontairement simpliste, la conclusion à la lecture de ce hors-série, vaste photographie annuelle des performances des différentes catégories des PGC-FLS. Avec une croissance sur le premier semestre 2020 de 7,5 % en valeur, soit 4,1 milliards d’euros engrangés, selon Iri, le secteur affiche, il faut bien le dire, des performances historiques. « Du jamais vu ! », confirment tous les acteurs. La survenue en mars dernier de la pandémie de Covid-19 a fait totalement exploser les compteurs… avec, à la clé, de nombreux marchés gagnants comme les féculents, la levure, le sucre, les conserves, la boucherie, la charcuterie, les surgelés salés, sans oublier les produits ménagers ou les masques et gels. Et au final, peu de catégories perdantes.

Mais face à ce constat indéniable, il convient d’apporter plusieurs nuances d’importance. D’abord, ces croissances, aussi fortes soientelles en GMS, ne compensent pas le manque à gagner lié à la chute de l’activité CHR et de la restauration collective. Or, ces circuits représentent pour beaucoup un pan important de leur business. Business qui n’est pas près de retrouver son niveau d’avant-crise.

Ensuite, cette folle dynamique ne dit rien du fameux niveau de marges des industriels et des distributeurs. Tous l’affirment : le coût du Covid – qu’il s’agisse des mesures de sécurité, des primes Macron… – va nécessairement plomber leurs résultats, d’autant qu’il n’a pas été, comme d’autres professions, répercuté sur le prix de vente. « Les ratios de marges sont en baisse. C’est compensé par notre niveau de croissance… pour l’instant », a déclaré Dominique Schelcher, président de Système U, lors du Congrès LSA Stratégies commerciales du 7 octobre dernier.

Oui, mais jusqu’à quand ? Car, dernière nuance et pas des moindres, ces performances incroyables ne présagent absolument pas celles à venir. D’après les données Iri, les ventes de la GMS connaissent d’ores et déjà un net ralentissement avec un petit + 1,5 % entre le 19 et le 27 septembre et un + 1,8 % entre le 28 septembre et le 4 octobre, contre + 6,9 % deux semaines plus tôt. « La fin d’année va être compliquée, entre ceux qui ont perdu du pouvoir d’achat, ceux qui vont en perdre et ceux qui ont peur d’en perdre. Le tassement de la valorisation déjà constaté fin 2019 va se poursuivre, et il est possible qu’il n’y ait plus du tout de valorisation en fin d’année. Et en 2021, le contrecoup sera violent », prédit Emily Mayer, directrice business insight d’Iri France (lire pages 8 à 11).

Dans ce contexte d’incertitudes sanitaires, sociales et économiques, même si tout le monde se refuse pudiquement à parler de guerre des prix, la question de l’offre dans toutes ses dimensions (MDD/marques nationales, grands groupes/ PME, promotions, bio, local…) se posera de façon plus que jamais cruciale pour tous. De quoi rebattre à nouveau les cartes du jeu en 2021, année qui sera marquée – tout le monde l’espère du moins – par un retour à la normale et par une sortie de crise !

FBRAY@LSA.FR

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