Hors-série Non-alimentaire - Mai 2016

Tout un petit monde en parle. Astu vu le dernier IoT ? As-tu un avis sur le marché de l’IoT ? As-tu été rencontré telle ou telle start-up de l’IoT ? Chacun y va de son petit anglicisme. Mais que signifie cet acronyme ? Simplement « Internet of things » ou, en français, l’internet des objets. Et pour ceux qui ne baignent pas dans cet univers et ne comprennent toujours pas, il s’agit des objets connectés. De ces bracelets, montres, balances, brosses à dents ou cuillères virtuellement branchés avec votre portable. Tous les secteurs du non-alimentaire, ou presque, y passent, et avec 50 milliards d’objets connectés dans le monde d’ici à cinq ans, les professionnels ont de quoi sourire.

Malgré quelques beaux succès, la déception est au rendez-vous. Les trackers d’activité, par exemple, souffrent d’un manque de notoriété préjudiciable. L’association entre les besoins exprimés et les services proposés n’est pas toujours évidente. Pire, deux tiers des Français n’en ont jamais entendu parler ! Alors, on peut toujours clamer que ce marché global des objets connectés a totalisé l’année dernière 340 M € de chiffre d’affaires en France, s’en réjouir et même s’emballer. On peut aussi répliquer que ces ventes sont inférieures à celles des fours à micro-ondes (404 M €), des aspirateurs traîneaux (400 M €) ou même, dans l’alimentaire, des produits d’aide culinaire !

Certes, les fulgurants succès des caméras portables, des GPS et autres smartphones démontrent que les consommateurs sont prêts à succomber aux nouvelles technologies et que la question du prix n’est pas un frein à l’achat. L’unique débat est la valeur d’usage. On n’achète pas un IoT, pas plus qu’on entre dans un magasin en réclamant du Bluetooth. On acquiert un produit pour ce qu’il apporte. Or, si certains objets connectés s’avèrent intéressants, d’autres sont lassants, notamment en raison de fonctionnalités similaires. Si l’objet ne se fond pas dans une utilisation quotidienne, dépassant le stade de l’effet de surprise, l’utilisateur s’en détournera, laissant l’objet au rang des « gadgets ». Au risque d’être à contre-courant, la technologie pour la technologie ne sert à rien.

Tout part des attentes du client, qu’elles soient clairement exprimées ou non soupçonnées, à l’instar d’Apple qui a su créer des marchés. Et ce n’est pas parce qu’on ose émettre quelques réserves qu’on est passéiste. On peut ainsi se réjouir de la capacité d’innovation des start-up françaises, des initiatives autour de la French Tech et penser que l’avenir des produits non alimentaires passe indéniablement par là. Les objets connectés finiront par se généraliser et donc se banaliser. Ce réducteur et vilain mot d’IoT disparaîtra alors du vocabulaire, parce que la très grande majorité des objets seront connectables. Devenue la norme, la « connexion » ne sera plus un argument de vente. Une voiture se devra d’être connectée tout autant que des enceintes pour son salon. D’ailleurs qui, aujourd’hui, demande dans un magasin un téléviseur branché… à l’électricité ?!

Yves Puget

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