Hors-série numéro Spécial Innovation - Décembre 2015

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Lors de la remise de prix de la 36e édition des Trophées LSA de l’Innovation, la rédaction de LSA a tenu à être la première à mettre à l’honneur une date historique. Lorsqu’on s’appelle Libre-Service Actualité, il est logique de prendre un peu d’avance pour fêter les 100 ans du… libre-service.

C’est en effet le 16 septembre 1916 à Memphis, dans le Tennessee, que l’Américain Clarence Saunders ouvre le premier magasin d’un nouveau genre (photo). À l’enseigne Piggly Wiggly (soit « petit cochon à perruque » !), on y trouve des marchandises préemballées et « prévendues » par la publicité. Tous les articles sont étiquetés, rendant la négociation sur les prix impossible. Ils sont posés bien en vue sur des étagères et des gondoles, à portée de main des clients.

À la place du long comptoir derrière lequel l’épicier range soigneusement ses produits, la boutique est agencée selon un parcours sinueux. L’enseigne adopte le principe du « cash and carry » (« payez et emportez »). Une révolution commerciale est née. Avec près de 3 000 magasins, Clarence Saunders construit en 1929 la deuxième chaîne américaine d’épicerie. À la suite d’un conflit avec ses adhérents, il fait pourtant faillite, et l’histoire oublie ce précurseur. Quant aux Français, ils attendent 1948 pour voir l’ouverture d’une telle boutique.

Rue André-Messager, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, le succursaliste Goulet-Turpin fait office de pionnier. Rouge vif, la façade attire l’oeil. La mention « libre-service » n’apparaît pas au fronton du point de vente et encore moins celle de « supérette ». Les badauds sont intrigués par les affiches placardées sur les vitres : « Le premier magasin de Paris où l’on se sert soi-même. » « Innovation : un magasin sans vendeur », va d’ailleurs titrer un quotidien.

Des décennies plus tard, après l’avènement du supermarché puis de l’hypermarché, le libre-service s’est imposé. Certes, les vendeuses des boutiques de luxe se réfugient toujours derrière leur comptoir. Et dans les grandes surfaces, les rayons à la coupe, les stands et autres vitrines reviennent en force pour lutter contre les vols, proposer de nouveaux services ou mettre en avant une certaine premiumisation de l’offre. Il n’en reste pas moins que, dans le non-alimentaire comme dans l’alimentaire, le libre-service forme toujours l’épine dorsale du commerce. Une ossature que l’on retrouve également dans l’e-commerce, qui répond lui aussi, en quelque sorte, à la définition du LS (pas de vendeur, des prix affichés…). D’ailleurs, ironie du sort, le fameux Clarence Saunders, après son premier revers de fortune, avait tenté d’ouvrir… des magasins automatisés.

Yves PUGET

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