Marchés

Hors-série PGC SIAL - Octobre 2015

HORS-SÉRIE Tous perdants !

C’est « la » question que se posent aujourd’hui tous les acteurs de la grande consommation. La guerre des prix qui sévit violemment depuis deux ans va t-elle se poursuivre, ou l’heure de la trêve a-t-elle enfin sonné ? « Nous sommes tous conscients que cela ne peut plus durer, qu’on est au bout d’un système qui est destructeur de valeur pour l’ensemble des parties », lance, en guise de début de réponse, l’un d’entre eux. De fait, après 1 milliard l’an passé, 600 millions d’euros se sont encore « envolés » sur le premier semestre 2015 des tiroirs-caisses des distributeurs sous le seul effet de cette bataille des étiquettes. Qui n’a épargné – rappelons-le – aucun secteur des PGC, et touché même très durement certains d’entre eux, comme le DPH, qui accuse une sévère dévalorisation. Et ce sans compter les coupes budgétaires opérées par les uns et les autres sur les investissements publicitaires ou les effectifs ! Bref, tout le monde a le sentiment d’être pris au piège et, le problème, c’est que personne ne sait comment en sortir.

Dès lors, ce souhait d’apaisement partagé à la fois par les industriels, les distributeurs et même la puissance publique, comme l’a souligné lui-même Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, lors du congrès Négociations commerciales organisé par LSA le 7 octobre, est-il sur le point de se réaliser ? Pour tenter d’y répondre, tournons-nous vers des éléments purement objectifs, les chiffres. Censées donner le la pour les prochains mois, les données de septembre étaient logiquement attendues avec impatience. Or, selon Iri, après le léger rebond – le premier depuis deux ans – enregistré sur juillet puis sur août, mauvaise nouvelle, les prix des PGC ont renoué avec la déflation, mais – c’est la bonne nouvelle – à un niveau faible (- 0,18 %). Soit deux fois moins qu’à la même période en 2014 et 2013 (- 0,40 %). « Des résultats qui semblent indiquer une accalmie relative de la guerre des prix », souligne Iri (lire interview page 6). Avant de préciser « qu’il convient, bien entendu, de faire oeuvre de prudence ».

Prudents, tous les acteurs le sont, naturellement. D’abord parce, que si les panélistes s’accordent à penser qu’on a atteint un point d’inflexion, la déflation reste bel et bien la règle. Ensuite car, à un an, la baisse des prix se fixe toujours à un niveau élevé, soit - 1 %, et jusqu’à - 4,5 % pour les grandes marques. Enfin parce que, d’après nos informations, les premières demandes de tarifs transmises aux industriels de certains secteurs comme les conserves de légumes, mais pas seulement, font état d’une pression toujours aussi forte, du moins de la part de certaines enseignes – toujours les mêmes…

Difficile, dans ces conditions, d’être ultra-optimistes. Ce qui est sûr, c’est que même si certains argueront qu’il ne s’agit que de déclarations d’intention, la volonté, non seulement de sortir de cette guerre qui n’a fait que des perdants, mais aussi d’ouvrir un nouveau chapitre des relations commerciales davantage gagnant-gagnant, semble là. Et c’est, quoi qu’on en pense, un bon début. Sachant qu’il sera bien temps, ensuite, de revenir à la réalité des box et du commerce.

Florence BRAY

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