« Horsegate », comment sortir du marasme ?

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Dégringolade du chiffre d'affaires des produits concernés, contrôles à répétition... Les répercussions de l'affaire de la viande de cheval continuent de s'enchaîner, tandis que les pistes de sortie tardent à émerger.

Courte accalmie au coeur de la tempête. Depuis l'affaire Spanghero, qui a mis au jour des produits surgelés contenant de la viande de cheval étiquetée comme de la viande bovine, pas une semaine ne se passe sans un autre scandale. Et Benoît Hamon, ministre en charge de l'Économie solidaire et de la Consommation, prévient : « Je m'attends à ce que l'on trouve dans plusieurs plats sur d'autres circuits du cheval à la place du boeuf. » Quelques heures auront suffi à lui donner raison : le 8 mars, on apprenait, via un communiqué de la société Covi, la découverte d'ADN de cheval dans du corned-beef à marque Hereford, retrouvé suite à des tests effectués par les services de la répression des fraudes (DGCCRF).

Et demain ?

  • Plus de circuits courts ? Ce serait la solution la plus simple pour assurer, à court terme, la traçabilité et la transparence de l'origine des PCI.
  • Vers davantage de contrôle ? Réguler l'autocontrôle est envisagé. Mais industriels et distributeurs seront-ils enclins à le généraliser ? Cette issue pourrait être la clé pour amorcer le retour des clients vers les produits élaborés de boeuf.
  • Comment reconsidérer l'export ? Si, demain, les industriels se tournent vers des approvisionnements français, il faudra baisser la part dédiée à l'export (23,5% de la production en 2012).
     

La transparence a un prix

La réplique des consommateurs ne s'est pas fait attendre : les ventes des produits à base de boeuf ont chuté de 47% au rayon surgelés, selon Nielsen. Ceux du frais et des conserves commencent aussi à pâtir du horsegate. Fraisnor, fabricant de lasagnes fraîches à marque propre dans le Pas-de-Calais (62), a perdu 50% de ses commandes depuis le scandale du mois de janvier. Il est en redressement judiciaire depuis début mars.

Des pistes émergent pour enrayer cette situation. Le premier acteur scruté est la DGCCRF : si, aujourd'hui, la répression des fraudes semble mener la guerre aux industriels, multipliant les contrôles dans les usines, il faudrait, à terme, généraliser la pratique de l'autocontrôle. Industriels et distributeurs seraient-ils prêts à le faire ? Et à quel prix ? En amont, l'arme de la viande française pour assurer la transparence des approvisionnements est un axe à l'étude. Yves Berger, directeur général d'Interbev, soutient que cette issue est possible, « à condition de s'orienter vers la consommation de jeunes animaux moins chers, car moins coûteux en alimentation », explique-t-il. Cette initiative, infructueuse au rayon frais en France, est une solution très développée chez les Italiens. Mais ce produit s'avère tout de même plus onéreux que les minerais de viande. Et engendre un prix de vente final plus élevé pour le public. Le prix de la transparence...

 

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Article extrait
du magazine N° 2265

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