Ikea limoge quatre dirigeants français

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Le géant du meuble a mis fin aux fonctions de quatre hauts dirigeants impliqués pour « des pratiques contraires aux valeurs et standards éthiques » de l'enseigne.

Jean-Louis Baillot, ancien directeur général d'Ikea France pendant treize ans, entre 1996 et fin 2009, Claire Héry, ex-directrice des ressources humaines, Jean-François Paris, actuel directeur de la gestion des risques, et l'ex-directeur financier ont été remerciés sans bruit ni fureur le 18 mai, en plein week-end de l'Ascension.

Directement mis en cause dans un système de surveillance des salariés comme des clients, trois de ces quatre responsables étaient déjà mis en disponibilité depuis le début de l'affaire, fin février.

Laconique, la direction a dénoncé « des pratiques contraires aux valeurs et aux standards éthiques qui ont été malheureusement constatées au sein d'Ikea France ». La suite logique de ce que Stefan Vanoverbeke, directeur général actuel, avait annoncé en avril, soulignant qu'une décision serait prise au sujet des personnes concernées.

 

« Sauver l'image d'Ikea »

Des « personnes concernées » qui sont sorties pour la première fois de leur silence. Jean-Louis Baillot et Claire Héry assurent, à la tribune.fr, n'avoir jamais eu connaissance des faits. « Le responsable sécurité est rattaché opérationnellement au directeur administratif et financier et ne répond pas au directeur général, assure Jean-Louis Baillot. Non seulement, je n'ai jamais demandé ces informations, mais je n'étais pas destinataire. »

« C'est totalement infondé. Aucune preuve ne peut être apportée, car jamais je n'aurais autorisé ces pratiques. Je n'ai fait que mon travail », renchérit Claire Héry, qui se dit « sacrifiée pour sauver l'image d'Ikea ».

 

Réforme de gouvernance

Du côté des syndicats, la bataille continue. La fédération CGT et une ancienne cadre d'Ikea ont déposé deux nouvelles plaintes le jour même du départ forcé des cadres dirigeants, l'une pour « utilisation frauduleuse des données personnelles », l'autre pour « entrave aux institutions représentatives du personnel ». L'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Versailles suit son cours, ainsi que celle de la Direction centrale de la police judiciaire.

En attendant les conclusions, la direction actuelle a annoncé un vaste chantier de réforme du mode de gouvernance de l'entreprise (29 magasins et 10 000 salariés en France). Un point sur lequel le nouveau et l'ancien patron sont au moins d'accord. Jean-Louis Baillot estime qu'il manque à Ikea une « structure juridique qui pourrait intervenir sur ce genre de pratiques ».

« Non seulement je n'ai jamais demandé ces informations, mais je n'étais pas destinataire. »

JEAN-LOUIS BAILLOT, ex-DG d'Ikea France pendant treize ans, limogé le 18 mai

 

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Article extrait
du magazine N° 2229

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