Boissons

Comment se porte le marché des boissons ? Quelles sont les nouveautés ? Eaux, sodas, jus, bières, liqueurs, alcools, vins et spiritueux... Retrouvez les dernières tendances du rayon Boissons.

« Il y a encore des poches de valorisation »Frantz Hotton, directeur marketing et commercial de Pernod

|

INTERVIEWINTERVIEW FILIALE FRANÇAISE DU GROUPE PERNOD-RICARD, Pernod distribue des marques comme Aberlour, Ballantine's, Mumm, Pastis 51, Zubrowka ou encore Suze. Frantz Hotton, directeur marketing et commercial de la société, revient sur l'excellente performance des boissons alcoolisées.

LSA - Les boissons alcoolisées se vendent toujours très bien. Pourquoi ?

Frantz Hotton - Historiquement, on observe un transfert de la consommation du circuit CHR vers le domicile pour des raisons sociologiques et, depuis la crise, pour des raisons de coût. Avec l'interdiction de fumer dans les cafés et les restaurants, on invite chez soi. La LME a également débouché sur une baisse des prix en GMS. Aujourd'hui, des cafetiers se fournissent dans les grandes surfaces, qui référencent de plus en plus de grands formats. Il y a aussi un apprentissage de la crise : « Je me serre la ceinture, mais de temps en temps, je me fais plaisir. »

 

LSA - La montée en gamme est-elle compromise par le climat économique ?

F. H. - Nous ne remettons pas en question nos axes stratégiques. Le moins cher, le « value for money », ce n'est pas notre métier. Chez Pernod, nous accompagnons la premiumisation, même si les perspectives sont un peu moins fortes qu'il y a deux ou trois ans. En même temps que la forte poussée du champagne à 10 €, le champagne millésimé ou rosé a très bien marché. Il y a encore des poches de valorisation et des opportunités. Au restaurant, on peut craquer pour une bouteille de vin à 40 ou 50 E. Mais en GMS, on a encore mieux pour 30 ou 40 E. Ce qui ramène à la tendance du « hometainment » (report d'intérêt et de consommation vers la maison, NDLR).

 

LSA - Comment les grandes surfaces gèrent-elles l'assortiment, particulièrement riche ?

F. H. - Elles sont dans une phase de rationalisation qui touche toutes les catégories, avec l'analyse des marques et des performances. Historiquement, c'était dans le jeu de la négociation. Aujourd'hui, c'est pour des impératifs de gestion. Il faut éliminer les références qui coûtent cher en stock. Cela implique de mieux choisir les marques. Et nous ne sommes pas les plus mal lotis. Sur les références premium, le but n'est pas d'être présent en linéaire toute l'année, avec des rotations moyennes. On peut travailler avec un soutien plus pointu et deux fois plus de prospectus pour mettre l'accent sur des périodes comme la fête des pères ou Noël. Si la rationalisation permet de réaliser 5% de croissance sans être présent toute l'année, cela me va.

 

LSA - Des performances d'autant plus belles qu'il n'y a pas de nouveautés...

F. H. - En 2009 et 2010, il y a eu des extensions de marques, des nouveaux parfums (pour les liqueurs), mais pas de nouvelles marques. Car dans l'alcool, l'histoire est importante, surtout en temps de crise, où l'on se tourne vers les « valeurs sûres ».

 

LSA - ... Et les MDD restent très peu présentes.

F. H. - La protection des boissons alcoolisées vis-à-vis des MDD s'appuie sur deux éléments. Tout d'abord, le statut des marques, car nous sommes dans le cadre d'une consommation sociale. Si l'on propose une bouteille MDD à des invités, cela peut être perçu comme un manque de considération. Sur des catégories comme le whisky, des acteurs couvrent tout le spectre de prix. Alors que sur l'anis, il n'y a que deux intervenants et demi. Là, il y a un véritable gouffre pour les MDD.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

X

Recevez chaque semaine les actualités du marketing et de la communication online et offline des marques et des distributeurs.

Ne plus voir ce message