Ils entretiennent la proximité

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Heureux retour du sort ! Les indépendants qui avaient historiquement investi les petites villes « faute de mieux », se félicitent aujourd’hui de détenir le précieux sésame de la proximité ! « Ce n’est pas un hasard si notre saga a commencé en France, qui, avec 36 000 communes, en comptait plus que la première Europe des Dix, aux pays plus urbanisés, rappelle Serge Papin, PDG de Système U. L’hyper ne nous étant pas accessible, les petites villes permettaient à des indépendants d’accéder au super sans trop de mise de fonds. » « Nous investissions les territoires où le foncier était le moins cher, donc le rural et le semi-rural, continue Philippe Manzoni, président d’ITM Alimentaire. Avec des magasins permettant de passer juste en dessous des fourches caudines de la loi à… 1 199 m². »

Le groupe des Mousquetaires revendique aujourd’hui le maillage le plus dense de la distribution, avec un point de vente tous les 17 km. Et surtout, « la progression de parts de marché des indépendants tient à leur concentration sur des formats – petits hypers ou grands supers – le plus adaptés à l’évolution de la population française », souligne Gaëlle Le Floch, strategic insight director de Kantar Worldpanel. L’évolution de la démographie ne creuse plus le lit de l’hyper. « En 1975, la population se répartissait pour moitié entre familles de trois personnes et plus et foyers d’une ou deux personnes. Le ratio est tombé à un tiers pour desdites familles », rappelle-t-elle. Le gigantisme n’est plus en phase avec le vieillissement de la population. La crise a coupé l’appétit de consommation à tout-va. Les clients remplissant moins leur chariot, préférant faire plus souvent de petites courses.

« Nous revendiquons notre “ valeur sociétale ajoutée ”. Comme l’expriment nos spots, nos produits représentent quelque chose en plus : des emplois dans nos régions ou des produits agricoles français. »

Guillaume Darasse, directeur général centrale nationale Système U

Adieu le culte de l’hyperchoix

« Le tout-sous-le-même-toit, mais sans gigantisme, assorti d’une bonne accessibilité géographique est davantage en ligne avec les attentes des Français que l’hyper pur et dur privilégié par les intégrés », résume Gaëlle Le Floch. Adieu le culte de l’hyperchoix ! « Il devient signe de tentation trop forte, de perte de temps », confie la spécialiste. D’autant que « les consommateurs ont opéré des arbitrages au détriment du non-alimentaire pour mieux préserver les dépenses consacrées à l’alimentation. » Celles-ci se consolidant à quelque 18% des dépenses totales des ménages. Une pierre de plus dans la panoplie « non al » des hypers.

Et si la déflation donne un pouvoir d’achat supplémentaire aux clients, ils le mettent au profit d’une recherche de qualité. « Pour la première fois, on voit cet item passer devant la préoccupation du prix. » Et cela profite aux produits frais traditionnels. « Notamment chez Intermarché et Système U, qui ont sur cette famille des parts de marché 12% supérieures à ce qu’elles affichent globalement pour les PGC. » Le besoin de rassurer sur la traçabilité des produits alimentaires ayant rebondi avec la crise du horsegate, les produits bruts (versus industriels mal maîtrisés), bio, « made in France » ou locaux trouvent leur légitimité. Comme une suite logique de la proximité. Une empathie qui prend une dimension sociétale, quand les enseignes, communiquant sur leurs accords avec des partenaires locaux, soulignent aussi les emplois générés par ces partenariats. 

33%

La part de population constituée de familles de trois personnes et plus, versus les foyers d’une ou deux personnes. Contre 50% en 1975.

Source : Kantar Worldpanel/Premier Forum du Commerce indépendant LSA

Le constat

  • Les indépendants ont historiquement investi les petites villes et territoires ruraux.
  • Leurs formats de magasin se retrouvent en phase avec les nouvelles données démographiques et sociologiques des Français.

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Article extrait
du magazine N° 2326

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