Ils portent l’héritage familial

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  • La société : Prunier
  • Le dirigeant : Christian Prunier, 68 ans, ici avec ses deux fils qui prendront bientôt la relève, Léonard (39 ans, à d.) et Théophile (33 ans)
  • La date de création : 1900
  • L’activité : Rillettes et charcuteries
  • Le CA 2014 : 30 millions d’euros
  • La société : Fromagerie du Pays Welsche
  • Le dirigeant : Florent Haxaire (46 ans). Sa soeur, Virginie Haxaire (48 ans), et son frère, Jérôme (41 ans), travaillent aussi dans la PME
  • La date de création : 1929
  • L’activité : fromagerie spécialisée dans le munster
  • Le CA 2014 : 5,5 millions d’euros

Source chiffres : entreprises

Parmi les patrons de PME, nombreux sont ceux qui ont reçu leur entreprise en héritage. Une dote transmise de génération en génération, très courante dans le secteur de l’agroalimentaire. Le nom de Loïc Hénaff, aux commandes de la société du même nom depuis 2010, trahit facilement sa lignée familiale au sein de société ; il représente, en effet, la quatrième génération au pouvoir depuis la création de la structure, en 1907. De même pour les Le Graët, qui ne s’illustrent pas que dans le football. La famille est avant tout aux manettes d’une entreprise bretonne de surgelés dont la fille aînée de Noël Le Graët, Valérie, vient de prendre la direction, fin 2014, entourée de ses deux soeurs cadettes.

Une autre fatrie fait figure de modèle en termes de réussite d’entreprise, il s’agit des trois filles Bougro, à la tête de Sodebo. Elles ont fait passer la petite fabrique parentale à une structure de grande ampleur. Avec pas moins de 2 000 salariés et un chiffre d’affaires de 410 millions d’euros en 2014, la Société des Établissements Bougro dépasse maintenant la taille d’une PME! Mais cette hérédité est-elle toujours un atout pour l’entreprise? Pour Christian Prunier, aucun doute, la réponse est oui. Lui arepris, en 1981, les rênes de la PME de son grand-père, spécialisée dans les rillettes sarthoises et autres produits de charcuterie. Avec un virage à prendre à l’époque: arriver en GMS.

Pérennité rassurante

Un pari plutôt réussi, car 70% de sa production, à 5000 tonnes par an, sont désormais vendus sur ce circuit encore inexistant à l’aube des années 80 – quand la charcuterie affichait une production de 1200 tonnes de produits porcins. « L’entreprise familiale permet, selon moi, un meilleur équilibre social. Il y a une pérennité que ressentent les salariés. Nous avons aussi, je pense, plus à coeur de transmettre des savoirêtre et des savoir-faire », estime Christian Prunier. Aujourd’hui, à l’âge de 68 ans, il cède à son tour progressivement la direction à deux de ses quatre enfants, Léonard (39 ans) et Théophile (33 ans). Ces deux fils ont déjà participé à moderniser la gamme des produits, avec des rillettes de poulet garnies de citron confit notamment. L’un est actuellement directeur financier, l’autre s’occupe du marketing...

Le poids de l’entreprise familiale deviendrait-il souvent un héritage imposé pour ces descendants ? Pour l’entreprise Prunier, comme pour la fromagerie alsacienne Haxaire, ces «enfants», qui assumentavoir baigné depuis tout petits dans la PME familiale, ont choisi de prendre les commandes de l’entreprise et assurent ne pas avoir subi de pression.

Sacerdoce stimulant

Comme Théophile et Léonard Prunier, Florent, Virginie et Jérôme Haxaire ont commencé leur carrière hors de la société familiale avant d’y revenir, comme happés par leurs premières amours. « c’est comparable à un sacerdoce. La passion nous fait tenir et nous pousse à toujours évoluer, à nous dépasser sans cesse », confie Virginie Haxaire, aujourd’hui à la direction commerciale de la société. Elle a pourtant débuté par des études d’histoire… mais a réalisé son mémoire sur le munster, le fromage fétiche de la famille. Quand elle part aux États- Unis pour terminer ses études, c’est pour vendre des fromages français. Après la vente, elle souhaite maîtriser la confection du produit. Elle continue donc par un BTS en France et se rapproche ainsi de la PME familiale, qui affine le munster. Plus tard, son frère, comptable de formation, et l’autre, architecte, viendront aussi prendre place au sein de l’entreprise. « Notre famille est une force qui nous a permis d’avancer et de nous diversifier grâce à nos différentes compétences », assure Virginie Haxaire.

Sous l’impulsion de cette troisième génération, le munster fermier de la famille, l’un des premiers à bénéficier du logo Filière Qualité Carrefour dans les années 90, s’exporte maintenant au Canada, au Japon et en Israël. Pour l’anecdote, cette société très «famille» met un point d’honneur à prendre ses repas ensemble chaque midi dans l’entreprise. De quoi donner le goût de la reprise de la fromagerie aux quatre enfants de Virginie…

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Article extrait
du magazine N° 2379

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