Marchés

In Vivo veut participer à la restructuration de la filière alimentaire

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Le géant céréalier désormais dirigé par Thierry Blandinières veut se donner les moyens de participer à la restructuration de l’industrie alimentaire, tout en se développant à l’export et en poursuivant l’ouverture de magasins Gamm Vert. L’ouverture de points de vente "produits du terroir" va faire l’objet de tests en centre-ville.

Avec son programme, Thierry Blandinières, directeur général de In'Vivo, s'attaque à la restructuration de l’industrie alimentaire.
Avec son programme, Thierry Blandinières, directeur général de In'Vivo, s'attaque à la restructuration de l’industrie alimentaire.© DR

Le géant agroalimentaire In Vivo a réalisé un chiffre d’affaires de 6,1 milliards d’euros, en progression de 8%, et détient le leadership de la coopération agricole et agroalimentaire en France. Il détient par ailleurs le réseau de 1000 jardineries Gamm Vert en France, mais son activité principale reste le commerce international de blé pour le compte de centaines de coopératives et coopérateurs agricoles en France.

La firme, dirigée depuis peu par Thierry Blandinières, ex-directeur général de Maisadour (et sa filiale Delpeyrat), réalise en effet 43% de son chiffre d’affaires à l’export. Le commerce international de grains a connu une hausse de 15% de son chiffre d’affaires à 2,5 milliards d’euros, et de 19% des volumes  à 8,6 millions de tonnes. C’est cette activité dont Thierry Blandinières entend modifier le fonctionnement, notamment en raison de la très forte volatilité qui la rend fragile.

Un modèle moins soumis au prix

"En 2000, le cours de blé variait tout au plus d’1 euro la tonne, aujourd’hui, nous gérons des volatilités intraday ou à la semaine qui atteignent 60 euros la tonne. Il n’est pas souhaitable de rester soumis à l’aspect prix. Nous devons bâtir un autre modèle, qui part du client et de ses besoins pour répondre avec une meilleure offre, sur une logique de filière, avec des contrats bilatéraux rémunérés sur la base de l’équité plutôt que de l’égalité. Ce qui nous permettra de trouver une rentabilité résiliente, pour In Vivo comme pour les coopératives adhérentes." En clair, les contrats longs et les meilleures qualités de céréales seraient mieux rémunérées. In Vivo veut aussi élargir son offre à d’autres céréales, comme le maïs, oléoprotéagineux, pois…

L’autre activité d’In Vivo concerne la distribution de semences et l’agrofourniture végétale, avec une activité agro-environnementale via In Vivi Agrosolutions. Il s’agit d’aider les producteurs à mieux aborder le développement durable, qui pourrait bien être exigé des clients dans le futur. Ainsi, le groupe est sur le point de passer un accord avec Mac Donald pour assurer au géant américain que les céréales utilisées pour le pain de ses hamburgers sont bien produites dans des conditions de respect de l’environnement. «La contrainte environnementale va s’accentuer, c’est un défi, dont nous devons tirer des avantages grâce à notre connaissance des pratiques agricoles. Il s’agit de produire plus, et mieux, et c’est possible», soutient Thierry Blandinières.

Se développer en France et à l'international

Le géant céréalier veut d’ailleurs appliquer cette politique en matière de nutrition animale, pour les volailles, le porc ou les bovins, dont il est le leader en France avec 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Dans le futur, les acheteurs ne voudront plus acheter d’animaux surdosés en antibiotiques, pas plus qu’ils ne veulent de surdose de produits phytosanitaires dans les végétaux alimentaires. Du coup, la qualité de la nutrition animale sera l’atout majeur de la santé animale. In Vivo veut accroître sa connaissance dans le domaine, au profit des coopératives adhérentes ou partenaires, spécialisées dans l’abattage et la transformation. Le groupe veut également participer à la restructuration des usines d’aliments, dont "certaines, très amorties, doivent fermer", au profit d’autres, afin de permettre à toute la filière de gagner en compétitivité et reconquérir des parts de marché en France et à l’export. Dans le même esprit, In Vivo veut mettre en place une centrale de référencement au bénéfice de ses coopératives, pour obtenir de meilleures conditions de leurs fournisseurs et apporter des solutions logistiques – où d’énormes gains sont possibles, notamment en cas d’écotaxe - , et comme il en existe dans la distribution. Une sorte de Galec agricole, en quelque sorte.

Un plan stratégique pour 2025

Enfin, In Vivo poursuit la construction de son réseau de jardineries Gamm Vert, qui ne réalise que 400 millions de chiffre d’affaires, mais qui apporte une très forte valeur ajoutée en contribuant pour plus d’un tiers aux ristournes renvoyées aux adhérents et au résultat d’exploitation du groupe. Il existe déjà 1000 points de vente, avec un renforcement du réseau près des villes et le rachat récent du site de vente en ligne Plantes et Jardin, qui va être rebaptisé Gamm Vert Plantes et Jardin. Thierry Blandinières vise désormais la création de points de vente spécialisés dans les produits du terroir: "Gamm Vert réalise déjà 10% de son chiffre d’affaires avec les produits du terroir. Il y a matière à offrir une telle offre dans les grandes villes. 4 magasins pilotes, dont le nom de code de l’enseigne est pour l’instant "Ma ferme", vont voir le jour en 2014.  Une réflexion est également engagée pour Gamm Vert à l’export, alors qu’il n’y a pour l’heure qu’un seul magasin à l’étranger, au Luxembourg. Le Québec pourrait être visé. Bref, In Vivo, présidé par Philippe Mangin, a des projets plein les cartons. Un plan stratégique "2025" va d’ailleurs être élaboré d’ici un an, pour décider des investissements à venir.

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