INDISPENSABLE R & D

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Simple hasard du calendrier ? Certainement. Tendance de fond ? Probablement. La même semaine, Thierry Breton, ministre de l'Économie et des Finances, a estimé que les entreprises françaises n'investissaient pas suffisamment en recherche et développement. Seulement 2,2 % du PIB. Bien loin de l'objectif fixé par « l'agenda de Lisbonne » (3 %), qui vise à doper la compétitivité européenne. Pour corriger le tir, l'ancien patron de France Télécom a lancé un train de mesures avec notamment l'amélioration du crédit d'impôt recherche (CIR).

À des milliers de kilomètres de là, au Japon, Ryoji Chubachi, le nouveau président exécutif de Sony, a déclaré vouloir concentrer ses investissements de R & D sur les produits les plus prometteurs (lire pages 14 à 16). Pour la marque japonaise, le constat est sans appel. Elle a pâti de la baisse de la rentabilité de ses produits phares de l'électronique de loisirs (baladeurs audio, téléviseurs...). Et elle a payé au prix fort la lenteur de sa réaction face à des offres innovantes, comme les téléviseurs à écran LCD de Sharp ou l'iPod d'Apple. En résumé, l'inventeur du Walkman n'a plus la baraka. C'est pourquoi il s'est engagé dans un plan de restructuration baptisé Transformation 60. Avec, à la clé, 20 000 postes supprimés, pour la plupart au sein de la division - déficitaire - électronique grand public. Mais pour Sir Howard Stringer, nouveau patron du géant japonais, « si réduire les coûts est important, croître est vital ». Pour y parvenir, cet Américano-britannique (le premier à ce poste) affectera autrement les quelque 3,96 milliards d'euros que Sony dépense tous les ans en recherche et développement.

Le message est clair : la firme ne se contentera pas d'un sursaut à court terme, elle mise sur une croissance à long terme. Dans ces conditions, il est vain de croire qu'une simple réduction de coûts tient place de stratégie. Si la rentabilité des groupes peut venir de vastes plans de restructuration, la pérennité des marques passe immanquablement par de l'innovation. Sans elle, les entreprises prennent le risque de se banaliser. Et, finalement, de sortir du marché, poussées par des concurrents qui, eux, ne manquent pas d'idées. À méditer alors que la consommation « patine », que les cours de Bourse flanchent et que le coût des matières explose. Autrement dit, au moment où bien des directions générales s'apprêtent à ajuster leurs budgets.

Rendez-vous Le 22 septembre, LSA remettra, avec ses partenaires KSA, LaSer, Mood Media et TNS Sofres, les Oscars de l'innovation.

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Article extrait
du magazine N° 1914

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