INFLATION(S)

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Pourquoi les consommateurs ont-ils cette étrange impression que les prix ne cessent de grimper ? Et comment expliquer que de nombreux marchés progressent en valeur mais stagnent en volume ? LSA, avec l'aide de Panel International, a voulu répondre à cette double interrogation (lire le dossier pages 56 à 63). Sans polémiquer, sans jeter l'anathème sur telle ou telle profession. Simplement pour comprendre un phénomène qui s'apparente diablement à une tendance de fond. Le résultat est sans appel. Certes, le panier de la ménagère compte aujourd'hui des produits qui n'existaient pas il y a peu. Comme les lingettes, la téléphonie, les DVD et autres abonnements au câble ou à l'ADSL. Bien évidemment, les 35 heures, les multiples taxes, la valeur du dollar ou le coût des matières premières, sans oublier le passage à l'euro, ont eu des conséquences sur les prix affichés aux caisses. Mais ces explications ne désamorcent pas cette étrange sensation de perte de pouvoir d'achat.

Et si l'explication était ailleurs ? Si elle se trouvait tout bonnement dans la montée en gamme de l'assortiment. Un phénomène que tous les professionnels subodorent mais éprouvent quelques difficultés à chiffrer. Pour y parvenir, LSA a demandé au Panel International d'analyser le prix de tous les articles sortis des rayons et de ceux nouvellement référencés (soit quelque 32 881 sorties et 25 352 entrées sur un total de 122 976 produits). Le résultat s'avère digne d'intérêt puisque cette inflation, que nous avons qualifiée de « masquée », s'élève à 8,8 % sur un an ! Avec quelques familles à plus de 50 % ! Véritable dérapage ? Pas le moins du monde, répondent des professionnels. Distributeurs et industriels ne font que leur métier : ils conçoivent de nouveaux produits pour les uns et les sélectionnent pour les autres. Mais, poussée à l'extrême, cette attitude, que certains appellent à juste titre « "création de valeur », n'est-elle pas risquée ? Les industriels, à trop monter en gamme (recette exclusive, nouveaux ingrédients...), laissent les marchés de masse à des concurrents. Quant aux distributeurs, à force de ne pas s'ériger en censeur, ils finissent par donner à leurs magasins une image de cherté et non plus de discount.

En pleine période de négociations et alors que le ministre du Commerce, Renaud Dutreil, ne cesse de pester contre les hausses de prix, l'étude exclusive de Panel International pour LSA tombe pour le moins à pic. Et ses résultats doivent susciter débat. Distributeurs et industriels pourront-ils longtemps pousser à cette démarche d'inflation « masquée » ? Le danger serait grand de voir les consommateurs les rappeler rapidement à l'ordre.

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Article extrait
du magazine N° 1834

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