INQUIÉTUDES

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En baisse en valeur, mais aussi en... volume ! Le verdict est sans appel. L'univers des produits de grande consommation, les fameux PGC, s'enfonce doucement mais sûrement dans la crise. Depuis plusieurs années, la belle croissance des chiffres d'affaires des hypers et des supermarchés masquait déjà la très faible progression des ventes unitaires. Depuis le début de l'année, ces deux indicateurs virent au rouge (p. 18 à 22). Les Français ne se contentent pas d'acheter différemment : ils dépensent moins !

Certes, la multiplication des premiers prix et le recul des tarifs des marques de distributeurs expliquent en partie la baisse en valeur (- 0,8 % sur cinq mois, selon Iri). Mais cela ne justifie en rien, bien au contraire, le bond en arrière des volumes (- 1 %). Quant au hard-discount, il ne peut servir d'unique bouc-émissaire. Tout simplement parce que les Aldi, Lidl et autres Ed se multiplient régulièrement... depuis une bonne dizaine d'années.

D'autres causes doivent être recherchées pour comprendre ce mauvais premier semestre 2004. Les économistes ont alors beau jeu d'évoquer des entreprises qui n'investissent plus, un chômage qui s'accroît, des plans de licenciements qui se multiplient ou des consommateurs qui n'ont plus le moral. Ce qui est vrai. Mais ce n'est pourtant pas suffisant pour analyser les piètres résultats actuels. Nul ne peut ignorer l'évolution des comportements. Ainsi de la moindre fréquentation des grandes surfaces par les consommateurs, au bénéfice des circuits dits « alternatifs » (internet, marchés, restauration hors domicile...). La fameuse thèse de l'érosion de l'hypermarché.

Ainsi également des transferts de budgets, alors que les Français dépensent de plus en plus dans de nouvelles technologies (téléphones portables, abonnement ADSL...) et de moins en moins dans les PGC. Sans parler de ces produits (appareils photo numériques, machines à expresso...) qui finissent par les détourner des rayons des GMS. Ici, ce n'est pas le format qui est en cause, mais la prédominance des services sur l'alimentaire. Un mouvement de fond qui sera difficile à endiguer.

D'autant plus que, pendant des années, les hypers et les supermarchés, mais aussi leurs fournisseurs, ont cru, à juste titre, qu'il suffisait d'ouvrir toujours plus de magasins pour assurer la croissance. Ensuite, ils ont pensé, à raison, que la « valorisation de l'offre » générerait mécaniquement une hausse du chiffre d'affaires. Malheureusement, le gouvernement limite la première stratégie et les consommateurs commencent à refuser la seconde. Industriels et distributeurs vont devoir trouver la parade. Sous peine de voir leur marché régresser. Lentement, mais inexorablement.

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Article extrait
du magazine N° 1868

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