Insécurité alimentaire : ce qu'Internet révèle des peurs des Français [Etude]

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

Les peurs alimentaires suscitent-elles les réactions des Français sur les réseaux sociaux ? Pas vraiment, selon une le cabinet d’études Bolero, qui note cependant des espaces d’expressions privilégiés, à l’instar de Twitter et des forums de discussion. Mais alors sur quels aliments faut-il rassurer les consommateurs ?

Si les Français sont peu bavards sur les réseaux sociaux, la junkfood et ses conséquences sur la santé parmi les sujets les plus discutés.
Si les Français sont peu bavards sur les réseaux sociaux, la junkfood et ses conséquences sur la santé parmi les sujets les plus discutés.© underdogstudios - Fotolia.com

Quels sont les risques les plus abordés par les internautes et quels rôles les différents réseaux sociaux jouent-ils dans le comportement du public face à ces risques ? Bolero, cabinet de conseil spécialiste de la collecte et de l’analyse de data issues du web destinées à l’élaboration et au pilotage des stratégies digitales, a étudié les peurs des internautes sur le web social. Si le Top 3 des peurs est nettement lié à l’actualité de ces derniers mois (insécurité, terrorisme, ainsi que le stress professionnel), il fait relativiser le poids réel dans l'opinion des discussions sur l'insécurité alimentaire et les dangers de certains produits pour l'environnement. "Les attentats ont marqué la population française et occulté d’autres sujets de conversation sur les réseaux sociaux, confirme Caroline Faillet, cofondatrice de Bolero. La thématique de l'insécurité alimentaire ne pèse en effet que 3 % des contributions sur les sujets à risque. Cela signifie que, malgré les multiples études sur l'alimentation dans l'actualité, le bruit de fond sur le sujet est spontanément peu soutenu par l'opinion face au poids écrasant des discussions sur l'insécurité et sur le terrorisme".

Les internautes peu impliqués sur les questions alimentaires 

L’étude précise que les espaces commentaires des médias en ligne et Twitter sont utilisés en cas d'actualité sur la santé et constituent une activation permanente de cette thématique dans l'opinion. Quant aux forums de discussion, ils restent le lieu privilégié par les internautes pour aborder leurs inquiétudes spontanées sur leur santé. Par ailleurs, la peur des maladies (qui représente 4 % des conversations) concerne en très grande majorité le cancer et "le lien est souvent fait avec l'alimentation à ce sujet" précise Caroline Faillet. Le risque lié à la pollution est encore plus faiblement évoqué à 2 % des contributions. Les pesticides y occupent une large part sans toutefois constituer un sujet de fond du grand public. "C'est en effet un thème davantage animé par les blogueurs qui, tels des lanceurs d'alerte, sont dans la dénonciation et l'analyse des risques et qui cherchent à faire passer le citoyen à l'action par les plateformes de pétition". Pourtant, les internautes sont relativement peu impliqués : dans 35 % des cas, ils se contentent de relayer des informations à risque alors qu'ils ne sont plus que 12 % à appeler au changement. Par comparaison, dans le reste du panel, le pourcentage de ceux appelant au changement atteint les 22 %.

Junkfood, PGC et produits d'origine animale

Parmi les sujets anxiogènes spontanément abordés sur le web social (forums, blogs, twitter, plateformes, de pétition, Facebook, commentaires d'actualité…) par les internautes pendant un an autour de l’alimentation, trois thèmes principaux se dégagent : la junkfood et ses conséquences sur la santé, les méfaits supposés de certains produits de grande consommation du quotidien (café, chocolat, lait…) ou encore la traçabilité des produits d’origine animale. Pour Caroline Faillet, "c'est un domaine à risque où les fautifs sont assez clairement identifiés, contrairement au reste de l'étude, explique-t-elle. Les industriels sont accusés dans 29 % des conversations liées à l'insécurité alimentaire tandis que les pouvoirs publics sont accusés dans 10 % des cas. "Des vecteurs influents assurent le relais de ces thématiques dans l'opinion. Aux industriels et aux marques de répondre à ces inquiétudes en réajustant leurs stratégies", conclut la jeune femme.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA