Instacart, quand le voisin  fait vos courses et vous les livre

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Cette application nord-américaine concurrence Amazon Fresh ou Walmart en mettant en relation le client avec un « personal shopper » du voisinage, qui fait les courses alimentaires au supermarché du coin puis les livre à domicile.

une start-up californienne pense avoir résolu l’une des plus féroces équations économiques et logistiques du ­commerce alimentaire : la livraison à domicile. Instacart, c’est son nom, est une application mobile et un site web intégrant une interface d’achat, qui propose l’assortiment des ­commerces alimentaires locaux. Une fois la commande passée, les algorithmes font appel à un personal shopper, vivant dans le voisinage, qui va faire lui-même les courses chez Costco, Whole Foods ou Target, puis les livre à domicile dans la journée ou dans l’heure.

Instacart, qui veut tout simplement dominer le marché de la livraison alimentaire à domicile, devant Amazon Fresh, Google Shopping Express ou Walmart, emploie… 20 personnes. Son jeune fondateur, Apoorva Metah (27 ans), a travaillé deux ans et demi chez Amazon, le temps de se forger une conviction : le modèle de livraison prôné par les géants est trop lourd pour l’appliquer à l’alimentaire. « Amazon utilise un réseau d’entrepôts, de centres de distribution et de camions pour stocker et livrer les denrées, analyse le jeune entrepreneur. Instacart n’a pas d’entrepôt, ni de flotte. » En fait d’entrepôt, le site va piocher dans les linéaires des magasins. Quant au transport, c’est encore plus simple il signe des contrats avec les personal shoppers, disposant obligatoirement d’un véhicule.

Une appli soignée et pointue

villes déjà desservies aux États-Unis par Instacart : San Francisco Bay Area, Chicago, Boston et Washington. Une dizaine d’autres bientôt desservies.

Source : Instacart 

La start-up livre déjà quatre grandes villes américaines et s’appuierait sur 400 personal shoppers, des intérimaires, en quelque sorte. Ils sont rémunérés au maximum 20 € par course. Le secret d’Instacart réside dans un modèle supposant très peu de coûts fixes. « Nous ne sommes pas des épiciers, mais juste des informaticiens », a coutume de dire Apoorva Metah.

L’autre secret, c’est bel et bien son application mobile qui fait à peu près tout. Côté client, elle recense tout l’assortiment des magasins alentours et enregistre les paiements. Côté personal shopper, c’est un véritable GPS intelligent. Les algorithmes calculent tout : le trajet automobile le plus court pour se rendre dans le ou les supermarchés où faire les courses, ainsi qu’un plan du magasin ultraprécis. Il détaille le parcours shopping à l’emplacement linéaire près.

Enfin, Instacart va piocher dans les magasins sans accord avec les distributeurs. Si ces derniers commencent à s’en inquiéter, les défenseurs de l’innovation allument immédiatement les contre-feux. À l’image de Steve Blank, un célèbre entrepreneur de la Silicon Valley, qui balaie l’argument selon lequel il faudrait l’accord des distributeurs. « Est-ce qu’AirBnB va demander aux hôtels si son service ne les dérange pas Est-ce que Uber reverse une commission aux taxis à qui il prend du business , tonne-t-il. Les start-up ne grandissent pas en demandant : “ Puis-je S’il vous plaît ” Sinon, l’innovation est morte. » 

Un service payant ou sur abonnement

Une livraison Instacart dans l’heure est facturée 14,99 $. Au-delà de l’heure, il en coûte 3,99 $ pour une commande inférieure à 35 $, et 7,99 $ au-delà. Une commande doit afficher un plancher de 10 $. À l’image d’Amazon Prime, la start-up californienne vient aussi de dégainer une proposition d’abonnement, « Instacart Express ». Pour un peu plus de 99 $, toutes les livraisons de moins de 35 $ sont effectuées gratuitement en moins de deux heures.

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Article extrait
du magazine N° 2309

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