Intermarché et Auxo dans le collimateur des pouvoirs publics

Le distributeur (et sa centrale d’achat) seraient, selon les pouvoirs publics, responsables de pratiques déloyales vis à vis des renégociations commerciales. Intermarché refuserait des nouveaux tarifs proposés par les fournisseurs, pour n’accepter que des augmentations temporaires. La CEPC pourrait être saisie.

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Intermarché et Auxo dans le collimateur des pouvoirs publics
La Commission d'examen des pratiques commerciales pourrait être saisie par le ministère de l'Agriculture.

Le 21 juillet, la réunion hebdomadaire du comité de suivi des relations commerciales, a été l’occasion pour les pouvoirs publics de pointer du doigt "une enseigne et une centrale d’achat", qui n’ont pas été nommées, et dont "les pratiques sont très problématiques dans l’application de la charte d’engagement et des dispositions d’Egalim 2". Selon nos informations issues de sources différentes, et également évoquées par l’AFP, les francs tireurs en question seraient Intermarché et la centrale Auxo (commune à Intermarché et Casino). Il est notamment reproché à Intermarché d’avoir recours à des notes de crédit auprès de ses fournisseurs, les représentants des ministères ayant "des raisons de penser qu’elles ne servent qu’à conquérir de nouvelle parts de marchés alors que les négociations ont bien avancé avec d’autres enseignes". Le nouveau ministre de l'Agriculture devrait saisir la Commission d'examen des pratiques commerciales (CEPC) ce vendredi 22 juillet ou le samedi 23 indiquait son entourage jeudi soir, ces pratiques étant visiblement considérées comme déloyales. Contactés, Intermarché et Casino n’ont pas fait de commentaires.

Des différences d'approche sur les renégociations

Dans les faits, contrairement à plusieurs de ses concurrents, Intermarché ne se hâterait pas pour accepter de nouveaux tarifs (en hausse) de la part de ses fournisseurs, préférant s’en remettre à ces fameuses notes de crédits, destinées à acheter au prix du moment avec une revalorisation liée à des phénomènes conjoncturels (guerre en Ukraine notamment). L’idée étant, dès que les conditions changeront (dans trois mois, ou six mois, ou plus…), que ce système s’arrête. Intermarché espèrerait alors, le moment venu, se reposer sur les derniers tarifs en vigueur (établis fin 2021/début 2022 pour l’enseigne), alors que les concurrents devront faire avec des tarifs renégociés actuellement, et plus élevés. Ces dispositifs seraient situés dans une zone grise du droit, et ont été notamment pointés du doigt par le médiateur des relations commerciales. Car ils seraient de nature à déstabiliser le marché, et à apporter potentiellement un avantage concurrentiel. Une partie importante du discours introductif de la dernière réunion hebdomadaire du comité de suivi des relations commerciales du 21 juillet, a d’ailleurs été consacrée, selon nos informations, à ce cas précis par le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau. En cas de saisie de la CEPC, un avis ou des recommandations ne seraient pas rendus avant plusieurs mois, le temps d’étudier les contrats commerciaux entre producteurs, fournisseurs, et distributeurs, qui lui seraient soumis.

Le groupe Casino, associé à Intermarché dans la centrale d’achats Auxo, n’apparaît pas comme directement concerné dans ce dossier, et suit sa propre politique d’achat et de renégociations. Il est, par ricochet, indirectement concerné pour les gros fournisseurs qui travaillent avec Auxo. Car les signatures de contrats avec un industriel nécessitent alors l’aval conjoint de Casino et d’Intermarché. Si Intermarché refuse de signer, la signature de Casino n’est alors pas suffisante pour valider l’ensemble. Dans l’ensemble, plusieurs enseignes ont accepté des hausses importantes de tarifs de la part des fournisseurs face à l’inflation généralisée, avec un effet cliquet puisqu’il ne sera pas possible de faire marche arrière. La charte d’engagement laissant une certaine latitude sur la façon de renégocier, Intermarché pourrait préférer maintenir son positionnement, qui fait tâche auprès des ministères. Et le calendrier est serré. Car après la prochaine réunion du comité de suivi des relations commerciales du 28 juillet, l’activité économique se mettra quelque peu au ralenti jusqu’à la rentrée. Et les renégociations ou discussions seront rendues encore plus compliquées.

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