Intermarché Express, ou le pari de la rentabilité

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Absent du territoire ô combien convoité de la proximité, Intermarché déploie petit à petit son concept urbain Intermarché Express. Après Nice, en septembre 2009, le magasin de Toulouse vient d'ouvrir à son tour.

530 m²

La surface de vente (pour un concept qui doit, normalement, osciller entre 700 et 1 000 m2)

6 500

Le nombre de références proposées (un assortiment qui devrait être porté à 8 000 très vite)

14

Le nombre de salariés (18 avec les postes de direction)

8 h 30-22 h

Les horaires d'ouverture

10 000 à 15 000 E

Le chiffre d'affaires au mètre carré attendu pour ce magasin

- Un emplacement « premier » au coeur de Toulouse

- Trois zones bien délimitées, entre Tout prêt, Tout frais et Tout le quotidien

- Des idées de recettes dans le rayon fruits et légumes

- Des caisses nombreuses

- Un espace snacking pas franchement attrayant

- Un concept peu original

- Des signalétiques un peu convenues

Evidemment, l'Intermarché Express de Toulouse n'est guère surprenant. On y trouve des morceaux de Carrefour City et Contact, de Monop et Dailymonop, Mais comment en tenir rigueur aux Mousquetaires ? Partis dans les derniers sur le terrain de la proximité urbaine, ils ont, et c'est très logique, tiré d'une situation analogue les mêmes conclusions que leurs petits camarades : snacking à profusion, fruits et légumes à l'honneur, et épicerie et boissons si on a le temps...

Un financement par la région Sud-Ouest

Concrètement, pour matérialiser ces trois partis pris, l'espace est découpé en trois espaces : Tout prêt, Tout frais, et Tout le quotidien. Ensuite, sept caisses, dont quatre en libre-service, répondent à l'autre besoin essentiel d'une clientèle urbaine en mal de temps : réduire l'attente pour payer et sortir. Rien que du très classique, donc.

Magasin principal pour les habitants du quartier, Intermarché Express entend surtout faire de l'oeil à la clientèle de flux. « Nous sommes idéalement placés, avec de nombreux étudiants susceptibles de venir », indique Claire Sixdeniers, responsable du projet Intermarché Express à l'échelle nationale. Installé au coeur de Toulouse, le magasin est on ne peut mieux situé. Là est sa grande force. Les plus corrosifs diront que c'est sa seule. Les cadres du groupement présents lors de l'inauguration ne sont, semble-t-il, pas loin de penser la même chose, tant ils insistent lourdement sur ce point. « L'emplacement a été difficile à trouver », insiste Sylviane Lebreton, adhérente à Castanet-Tolosan, à proximité immédiate de Toulouse. « Nous sommes au bon endroit », se félicite Benoît Matyn, président de la région Sud-Ouest.

La barrière des prix de l'immobilier

Les « barons » locaux, on le constate, sont très présents. Et pour cause, cet Intermarché Express est sorti de terre grâce aux fonds de la région Sud-Ouest des Mousquetaires, et est dirigé par un adhérent intérimaire pour le moment. La région se donne six mois pour installer un chef d'entreprise indépendant, capable d'y vivre convenablement. « Nous attendons d'avoir un minimum de recul quant au chiffre d'affaires et à la rentabilité », reconnaît Benoît Matyn, pas du tout certain qu'un adhérent ne disposant que de ce seul magasin puisse avoir les reins assez solide.

À Nice, où le premier Intermarché Express a été ouvert en septembre 2009, un patron exploitant déjà plusieurs magasins s'est attelé à la tâche. Avec un certain succès. Par rapport à l'époque Intermarché (le site était déjà exploité avant son passage à Express), le chiffre d'affaires progresse de 15 %, et le panier moyen est passé de 15 à 17 E. Mais la situation est différente : la surface est de 1 000 m2, contre 530 m2 à Toulouse.

Pour être pérenne, le magasin toulousain vise un chiffre d'affaires de 10 000 à 15 000 E par mètre carré. Soit, au minimum, 5,5 millions d'euros par an. Un sacré pari. Mais, dans ce combat, Intermarché est aidé par la baisse, très relative, des prix de l'immobilier. « Le niveau des loyers est un peu descendu ces derniers temps, note Benoît Matyn. Cela nous permet d'accéder à des zones jusqu'à présent inaccessibles. » Si bien que deux autres ouvertures sont déjà officielles : Lille et Rouen, en janvier 2011. Et une dizaine d'autres auront lieu dans l'année, dans le Centre-Est et le Sud-Est. À Paris, où la situation immobilière est plus tendue, les Mousquetaires ont aussi quelques ambitions : ils y exploitent 18 unités, et comptent bien les passer « assez vite » sous enseigne Express.

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Article extrait
du magazine N° 2150

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