Marchés

Interparfums, champion en chiffre. Mais grand perdant de la valse des licences?

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RÉSULTAT Les actionnaires seront contents, mais n’oublions pas que Burberry est partie. Le spécialiste de la licence de parfum, Interparfums, a annoncé mercredi 13 février le versement d’un dividende en hausse de 19% (0,54 euro par action) ainsi que d’un dividende exceptionnel d’un montant semblable.

interparfums

Deux gestes qui reflètent la bonne santé financière de l’entreprise. Mais, hélas, Burberry n'a pas souhaité continuer avec Interparfums. Son bilan de la l’année 2012, présentée en janvier dernier est plutôt bon ! Un chiffre d’affaires record en hausse de 11,8% à 445,5 millions d’euros, une marge opérationnelle en hausse de 13%, un résultat opérationnel en hausse de 19% et un résultat net qui s’envole à 135,9 millions d’euros, en hausse de 348% !  Et même à périmètre comparable, la hausse est de 19%. Oui, à périmètre comparable… Car Burberry est partie. Si la licence a laissé une bonne odeur de cash dans les caisses du groupe (156,1 millions d’euros avant impôt) elle s’est envolée avec plus de la moitié du chiffre d’affaires.

En quête d'une licence star

Depuis deux ans, les trois gros fabricants de parfums de luxe (BPI, Interparfums et Puig) se livrent à une bataille endiablée. Chacun espère récupérer LA licence star qui fera l’essentiel de son chiffre d’affaires. Et peut-être sans doute, la maison de couture qui va avec… même si celle-ci n’est pas rentable. C’est l’évolution du modèle économique de ces entreprises: une grosse licence star, et des plus petites que l’on s’acharne à voir monter pour ne pas devenir trop dépendant.

Jean Paul Gaultier a donné le coup d'envoi

Aujourd’hui, la danse des licences touche à sa fin. Et Interperfums se retrouve sans cavalière. Burberry, qui représentait à elle seule 53% du chiffre d’affaires du groupe en 2012, avec 234,7 M€ de chiffre d’affaires, a donc choisi un autre prétendant. Tout a commencé avec les aiguilles et le tissus. Jean Paul Gaultier perdait de l’argent avec sa maison de couture, mais en gagnait beaucoup avec la licence de parfum, alors entre les mains de BPI. Il a cherché à vendre son activité couture. Mais comme peu de personnes étaient intéressées par une activité à l’époque déficitaire, il lui a donc ajouté la licence de parfum pour une vente en package. Celui qui voulait racheter JPG, devait reprendre obligatoirement la maison de couture. Mais tout n’est pas aussi simple. Après moulte discussions, Puig a racheté la maison de couture. La licence de parfum, elle, ne passera dans les mains de Puig qu’en 2016.

Burberry chez BPI

Face à cela, BPI voulait assurer ses arrières et retrouver une autre licence. Les discussions entre Burberry et Interparfums qui arrivaient en fin de contrat, l’intéressaient: elle a remporté la mise. Voilà BPI armée contre le départ de Jean Paul Gauthier, au grand damne d’Interparfums. Ainsi, à ce jour, Puig n’a pas de licence star, mais devrait récupérer Jean Paul Gauthier en 2016. BPI est la mieux placée en la gardant jusqu’en 2016 et avec Burberry en plus. Ne reste qu’Interparfums…

Comment faire sans ?

Avec tous ces bons résultats et l'enveloppe laissée par la marque au tartan après 20 ans de vie commune, la société présidée par Philippe Bénacin possède un atout maître. Mais laquelle choisir? IP pourrait choisir de ne pas choisir... et tenter de développer au maximum ses licences montantes? Positionnement que semble avoir pour l'instant choisi le groupe, magré la signature de la licence des parfums Karl Lagarfeld. Car en dehors de Van Cleef & Arpels et de Nickel, toutes les licences du groupe sont en hausse. Mont Blanc frise les cimes en croissance de 51%, notamment grâce à la ligne masculine Legend, qui s’affiche à 22M€, à elle toute seule. Jimmy Choo et Boucheron, ne sont pas non plus en reste, avec des croissances respectives de 36% et 96%, pour leur deuxième année dans le groupe. Au total, le groupe vise un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros en 2013. Soit une hausse de 42% si on retire le chiffre d’affaires de Burberry en 2011 (234 M€). Ambitieux! De plus, Philippe Santi, directeur général annonce dans un communiqué le "renforcement et le redéploiement des dépenses marketing et de publicité". Celles-ci ne devraient pas avoir un gros impact sur la marge opérationnelle, qui retomberait à 11% en 2013, selon les prévisions du groupe.

Si Interpafums est indubitablement à ce jour le perdant de la valse des licences, l'entreprise affiche une volonté de se battre sans forcément compter de marque star. Burberry est partie, et alors?

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