Interview d'Eileen Yeo, DG Marionnaud Paris France : "Nous voulons ouvrir 20 parfumeries par an"

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INTERVIEWINTERVIEWEXCLUSIF Sous l’impulsion d’Eileen Yeo, Marionnaud Paris se modernise et veut regagner du terrain. La nouvelle directrice générale confie en exclusivité pour LSA ses ambitions pour l’enseigne. 

LSA - Pour ses 30 ans, Marionnaud est devenu Marionnaud Paris. Pourquoi ?

Eileen Yeo - L’enseigne est née à Paris en 1984 avec le rachat des parfumeries Bernard Marionnaud par Marcel Frydman. Ce dernier garde le nom « Marionnaud » qui devient celui du groupe. Accoler « Paris », c’est un moyen de souligner son origine. De plus, Paris est la capitale de la mode et des tendances à venir. C’est donc aussi faire le lien entre le passé et le futur. Ce changement de nom a été effectivement réalisé en parallèle à des animations pour fêter les 30 ans de l’enseigne et montrer son renouveau. Un dispositif 360° a été déployé pour l’occasion. L’accent a été mis sur le digital, avec une vidéo qui raconte trente ans d’histoire à travers huit looks grâce à des effets de morphing. Elle met en scène le mannequin Anouk Hagemeijer, également égérie de la campagne publicitaire.

LSA - Vous êtes à la tête de Marionnaud France depuis février 2014. Quels ont été les premiers projets que vous avez menés ?

E. Y. - Depuis mon arrivée, je me suis concentrée sur deux chantiers majeurs. Tout d’abord, la modernisation du réseau Marionnaud. Nous avons testé un concept de magasin baptisé « M5 » en novembre 2013 que nous sommes maintenant en train de déployer. Il est basé sur l’expérience client et le service, qui sont les priorités de Marionnaud. Notre nouveau concept se veut chaleureux et cosy. Nous voulons que nos clients se sentent comme chez eux. Nous avons développé l’offre de services « express » comme le flash make-up, du nail art ou du coiffage. Ce sont des services dont les clients sont friands. Le deuxième projet majeur auquel je me suis attelée est le développement de l’e-commerce et du m-commerce. Nous avons ­complètement repensé notre plate-forme en 2013. Le but est de proposer une expérience shopping de qualité similaire à celle que le client trouve en magasin. Il est important de lier nos sites marchands et nos magasins. Nous avons d’ailleurs reçu des prix cette année pour notre site et la qualité de notre service client.

LSA - En parlant de modernisation, vous avez entièrement repensé votre flagship des Champs-Élysées. Cette transformation a-t-elle été bénéfique ?

E. Y. - Notre boutique des Champs-Élysées a été en effet entièrement refaite dans le but de faciliter le parcours client. Plus qu’un simple magasin, le flaship est un formidable outil de communication à l’international. Depuis sa réouverture, il y a un an, nous avons constaté une augmentation de 40% du trafic, preuve que le nouveau concept séduit les clients. Nous l’avons pensé comme un appartement parisien, avec en bas les parfums, en mezzanine le maquillage et, au fond, un coin cosy pour les prestations beauté express. Nous créons également beaucoup d’événements dans ce lieu. Les dernières animations en date ont été celles de Noël. Nous avions mis en place un calendrier de l’Avent géant de près de 2 mètres de haut. Chacune des cases renfer­mait un parfum. Les clients pou­vaient tenter de gagner ces fragrances en essayant d’ouvrir la case du jour de leur venue avec une clé distribuée par les conseillères de vente. Deux chorales de gospel ont aussi donné des représentations. D’autres événements viendront ponctuer 2015.

LSA - Quels sont aujourd’hui les atouts de Marionnaud Paris ?

E. Y. - Comme je viens de l’expliquer, le premier atout de Marionnaud est le service client. C’est dans l’ADN du groupe depuis sa fondation en 1984 et nous continuons à l’améliorer. Le client est le centre de tout ce que nous entreprenons. Notre autre force se compose des hommes et des femmes qui constituent Marionnaud. L’enseigne appartient depuis 2005 au groupe chinois Hutchison Whampoa, qui a une stratégie poussée pour faire émerger les talents, notamment au travers de programmes de formations. Par exemple, nous organisons des stages où se rencontrent des employés de différents pays pour qu’ils puissent ainsi échanger et partager leurs expériences. Par exemple, nous avons emmené un groupe à Hongkong et un autre en Turquie. Au sein du groupe, il y a de vraies opportunités de développement de carrière, et il est important d’identifier et préparer la prochaine génération d’employés.

LSA - Quels sont vos projets pour 2015 ?

E. Y. - Nous allons poursuivre l’installation du concept M5 dans les boutiques qui sont en rénovation et dans les nouveaux points de vente qui seront ouverts. Notre objectif est d’ouvrir vingt magasins par an. Nous sommes présents sur tout le territoire français et en particulier dans les grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille, mais il reste un fort potentiel pour éten­dre notre réseau. Nous sommes également à l’affût d’opportunités à l’étranger. Marionnaud est présent dans de nombreux pays d’Europe de l’Ouest comme de l’Est. Nous réfléchissons aussi à l’Asie. AS Watson, société sœur de Marionnaud, est très présente via son enseigne Watson en Chine avec environ 2 000 points de vente. Nous avons la connaissance du marché pour installer Marionnaud en Chine, alors pourquoi pas ?

Eileen Yeo en dates

  • 1974 Naissance
  • 2006 Directrice d’UBS Investissement Bank
  • 2007 Directrice exécutive chez Goldman Sachs Asie
  • 2013 Codirectrice générale de Marionnaud France aux côtés de William Koeberlé
  • 2014 Directrice générale de Marionnaud France

 

Marionnaud en chiffres

  • 722 M € : chiffre d’affaires TTC en 2013
  • 520 : nombre de points de vente en France
  • 3800 : nombre d’employés du groupe dans le monde

Source : Marionnaud

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Article extrait
du magazine N° 2350

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