Interview d'Emmanuel Danan, directeur général de Lascad (L'Oréal) : "La croissance de Cadum a dépassé nos espérances"

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INTERVIEWINTERVIEW En 2012, L’Oréal rachetait Cadum et l’intégrait à l’entité Lascad. Deux ans plus tard, le directeur général de Lascad est très satisfait des performances de la marque. Son bilan et ses projets pour 2015. 

LSA - Que vous a rapporté le rachat de Cadum ? 

Emmanuel Danan - L’Oréal est toujours en quête de pépites, même si sa croissance est essentiellement organique. Quand l’opportunité s’est présentée de racheter Cadum, le groupe l’a saisie. Au sein de la division produits grand public, l’entité Lascad est constituée de marques ayant une identité forte et une très longue histoire, comme Dop ou Mixa. Cadum, née en 1907, s’intègre parfaitement dans ce portefeuille. Ses gammes de produits sont, en plus, complémentaires de notre offre.

LSA - Comment cette intégration s’est-elle passée ?

E. D. - Il est important de souligner qu’il n’y a eu aucun licenciement économique. Nous avons mobilisé beaucoup de moyens pour reclasser les salariés de Cadum. La majorité a été intégrée dans Lascad, à différentes fonctions : gestion comptes clés, marketing, logistique, forces de vente… Les autres ont trouvé un poste au sein du groupe. Un accompagnement individuel de chaque collaborateur a été mis en place. Chacun a reçu un programme spécifique de formations. Des visites d’usines ou des « sorties route » avec les équipes commerciales ont été organisées pour qu’ils apprennent à mieux connaître L’Oréal. Au niveau recherche et développement, nous avons adapté les formules existantes à la charte de formulation de L’Oréal, plus exigeante que la Réglementation européenne. Au niveau industriel, 80% des références sont désormais fabriquées dans nos propres usines en France et en Europe.

LSA - Avez-vous fait évoluer les gammes de produits ?

E. D. - Nous avons rationalisé le catalogue. Certains produits n’étaient pas cohérents avec l’identité de Cadum, comme les douches hommes ou les déodorants dont la composition n’était pas en ligne avec la charte de composition garantie de la mar­que. Nous avons gagné en exigen­ce avec des références plus respectueuses de la peau tout en restant sensorielles. Nous avons aussi optimisé la distribution. Cadum est aujourd’hui référencée dans toutes les centrales.

LSA - Êtes-vous satisfaits des résultats de la marque ?

E. D. - Depuis le rachat, Cadum a une croissance à deux chiffres, bien supérieure à nos espérances. En CAM à fin juin, les produits douche de Lascad ont recruté 1,2 million de consommateurs supplémentaires, et Cadum part­icipe fortement à ce recrutement : c’est l’un des plus gros pourvoyeurs de croissance sur ce segment.

LSA - Quels sont vos projets pour l’année à venir ?

E. D. - Nous allons d’abord lancer une nouvelle ligne de douche à la crème de talc. Le talc est le produit iconique qui a fait l’histoire de la marque. Nous allons aussi lancer des soins du corps. En effet, les trois quarts des consommateurs pensent que Cadum propose des produits pour le corps alors que cela n’a jamais été le cas. Nous allons donc commercialiser des laits hydratants à la crème de talc. Notre ambition est de faire de Cadum une marque globale d’hygiène-beauté.  

Début 2015, Cadum lancera la gamme Surdoux à la crème de talc, l’occasion d’investir un nouveau segment : les soins corps.

80

Le nombre de références actuelles de la marque

Source : Cadum

 

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Article extrait
du magazine N° 2347

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