Interview de Bauke Rouwers, directeur général d’Unilever France : « Aider un milliard de personnes à améliorer leur santé d'ici à 2020 »

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INTERVIEWINTERVIEW À l’occasion de la présentation des déodorants compressés pour hommes, le nouveau dirigeant d’Unilever France a rappelé la stratégie du groupe en matière de développement durable, et donné sa vision du marché français et de ses consommateurs.

LSA - Quels sont vos projets pour Unilever France ?

Bauke Rouwers - En tant que président, je vais poursuivre la stratégie mise en place par Bruno Witvoet. L’objectif est de poursuivre notre croissance dans l’Hexagone, mais aussi d’atteindre les objectifs du groupe en matière de développement durable. Notre ambition à horizon 2020 est triple. D’ici à cette échéance, nous voulons diviser par deux notre impact environnemental, que la totalité de l’approvisionnement de nos matières premières agricoles soit d’origine durable, et aider un milliard de personnes à améliorer leur santé et leur bien-être.

LSA - En France,vous rapprochez-vousde ces objectifs ?

B. R. - Nous n’avons pas encore les résultats pour 2014 mais, en 2013, nous avons réduit de 33% nos émissions de CO2. Nos usines n’envoient plus de déchets en décharge. Au niveau logistique, l’année dernière, nous avons adopté des palettes en carton, qui sont sept fois plus légères que celles en bois. Cela va nous permettre d’économiser 50 tonnes de CO2 par an. Nous venons aussi d’intégrer un nouveau siège à Rueil-Malmaison (92). Il s’agit d’un bâtiment Green Office à énergie positive, conçu par JM Wilmotte et construit par Bouy­gues, qui produit plus d’énergie qu’il n’en consomme grâce, entre autres, à la présence de 4 000 m² de panneaux photovoltaïques.

LSA - Quelles sont, selon vous, les forces d’Unilever France ?

B. R. - Nous avons de très belles marques qui sont appréciées et connues des consommateurs. Beaucoup d’entre elles font partie des leaders de leur catégorie, que ce soit en alimentaire, en entretien ou en hygiène-beauté. Les consommateurs reconnaissent la qualité de nos produits, et nous voulons, bien sûr, continuer à les satisfaire en apportant des innovations pertinentes. Nos déodorants compressés reflètent cette ambition. Cette innovation nous a permis de devenir le premier acteur du marché des déodorants en France.

Un long parcours dans le groupe

Bauke Rouwers a réalisé toute sa carrière au sein d’Unilever. En 1991, il débute au marketing d’Unilever Pays-Bas. En 1998, il est nommé vice-président marketing Foods de cette division. En 2001, il est vice-président et directeur général d’Unilever Bestfoods aux États-Unis. En 2005, il évolue en tant que vice-président senior marketing pour la région Amérique. En 2009, il devient président d’Unilever Thaïlande, Laos, Cambodge et Myanmar. Depuis le 1er octobre 2014, il est président d’Unilever France. 

 

 

 

LSA -Vous avez passé quatorze ans à l’étranger, aux États-Unis, puis en Asie. Que pensez-vous de l’étatdu marché hexagonal ?

B. R. - En France et plus généralement en Europe, le marché stagne depuis quelques années. C’est vraiment très différent de la Thaïlande, par exemple, où l’économie fluctue énormément. Les prix sont très bataillés, mais ce n’est pas propre à la France, de même que la concentration des distributeurs. En Suisse, par exemple, il n’y a que deux centrales d’achats. Nous avons de bonnes relations avec nos distributeurs français. Nous travaillons ensemble pour améliorer l’expérience client, assurer la bonne visibilité de nos produits et optimiser la logistique d’approvisionnement. Nous devons trouver des moyens afin de continuer à croître.

LSA - En ce qui concerne les consommateurs, observez-vous des différences ?

B. R. - En Asie, une partie des personnes qui appartenaient aux classes pauvres gagne en pouvoir d’achat et est en train de faire croître la classe moyenne. En Europe, la pression sur les classes moyennes est forte. Ces consommateurs sont très taxés. En quinze ans, leur profil a d’ailleurs changé. La population est vieillissante, mais c’est aussi le cas dans certains pays d’Asie, comme en Chine. Et, selon moi, les attentes des consommateurs sont les mêmes partout. Ils veulent des produits de qualité à prix raisonnable. Les moins aisés sont peut-être les plus exigeants, car quand vous avez seulement 1 dollar à dépenser, la qualité est primordiale. C’est pourquoi nos innovations concernent les 190 pays où sont distribués nos produits. Nous devons suivre l’évolution des consommateurs pour leur apporter ce qu’ils demandent, tout en respectant les principes du développement durable.

Unilever dépasse L’Oréal sur les déos grâce à ses compressés

Si Unilever est leader mondial des déodorants, en France, c’était une autre histoire, où il était dominé jusqu’à présent par L’Oréal. Mais grâce au lancement de ses déodorants compressés en 2014, le colosse anglo-néerlandais a détrôné le géant des cosmétiques français. Selon Nielsen, en cumul à date à P12, la part de marché en valeur d’Unilever est de 33,3%, contre 32,7% pour L’Oréal. « Nous avons dépassé nos objectifs, se réjouit François-Xavier Apostolo, vice-président marketing Home & Personal Care d’Unilever France. En cumul à date à P11 2014, selon Nielsen, 15% de nos ventes totales de déodorants en France ont été réalisés grâce à nos références compressées pour femmes. » Les déodorants compressés utilisent deux fois moins de gaz  propulseur que les atomisateurs classiques, ce qui se traduit par des emballages plus petits. Ils permettent une économie de 25% d’aluminium (constituant les packagings),et une diminution de 25% de l’empreinte carbone totale des produits. En 2014, les compressés ont été lancés sur les références femmes Dove, Rexona et Monsavon. En 2015, c’est le tour des marques pour hommes. « Axe, Rexona Men et Williams sont concernées. Pour Brut, la technologie est différente, et la mutation se fera plus tard », précise François-Xavier Apostolo. L’objectif d’Unilever est que les compressés, à eux seuls, représentent 10% du marché des déodorants tous formats confondus.

 

50 Mrds € : Le chiffre d’affaires d’Unilever en 2013

36 : Le nombre de marques commercialiséesen France

Source : Unilever

 

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Article extrait
du magazine N° 2350

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