Interview de Laurent Blum, DG de Cuisines Schmidt : "Nous courons un marathon à la vitesse d'un sprint"

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Dossier Le groupe Schmidt, à la fois industriel et distributeur de meubles de cuisine avec les enseignes Schmidt et Cuisinella,,se trouve à la fois être implanté en Chine, lieu de départ de l’épidémie, et en Alsace, région touchée en premier. Cela lui a permis de prendre un temps d’avance au prix d’une organisation au cordeau.

Chez Schmidt, le comité de direction se réunit tous les jours.
Chez Schmidt, le comité de direction se réunit tous les jours.© dr

LSA : Comment vous êtes-vous organisés ?

Laurent Blum : Chez Schmidt, nous avons plus de 700 magasins en Europe, mais aussi plus d’un millier de magasins en Chine. Cela nous a fait vivre la crise du coronavirus avec un peu d’avance et nous a permis de nous y préparer psychologiquement, notamment au sein du comité de direction d’autant que nous gérons les expatriés sur place. Après des mesures d’hygiène très strictes, l’activité a repris doucement en Chine, les grandes villes sortant du confinement plus lentement que les petites.

LSA : Comment vous êtes-vous adaptés à la fermeture des magasins non-alimentaires décrétée le 15 mars ?

Laurent Blum : Concrètement, l’ensemble de nos magasins a fermé le lundi 16 mars. Nous avons arrêté dans la foulée la production sur tous nos sites. Comme ils sont principalement dans le Grand-Est, région durement touchée par le Covid-19, nous avions déjà mis un certain nombre de personnes en télétravail. Sur 1600 personnes, environ un millier travaille dans les usines. L’arrêt de la production a notamment découlé de la fermeture des magasins : nous avons dû nous adapter à l’arrêt à venir des commandes. Nous avons toutefois essayé d’assurer la pose des cuisines en cours de livraison chaque fois que nous le pouvions, pour que personne ne se retrouve sans cuisine pendant cette période de confinement.

LSA : Sur le plan de l’organisation du travail, comment les équipes se sont-elles adaptées ?

Laurent Blum : Au siège, une partie des équipes assure le maintien de l’activité au minimum, notamment au niveau des ressources humaines, très sollicitées, l’informatique, et d’autres fonctions support. Nous avons mis en place des modules de e.learning pour que nos vendeurs en magasins puissent maintenir ou développer leurs connaissances. Concernant la production, les effectifs ont cessé le travail. 80% des 1600 salariés sont en activité partielle au mois d’avril. Au niveau européen, puisque Schmidt a également des collaborateurs en Espagne, en Grande-Bretagne et en Allemagne, nous avons mis en place un plan de crise autour de trois cellules : une orientée business avec les patrons France et International, une autre dévolue aux opérations (production, logistique, approvisionnements…) et une dernière qui gère le personnel et les fonctions support. Enfin, chaque jour, une réunion de crise avec des concessionnaires à la tête de magasins se tient ainsi qu’un comité de direction de crise. Il s’agit de ne pas lâcher les magasins et de leur venir en appui chaque fois que nécessaire. Nous courons un marathon à la vitesse d’un sprint.

LSA : Comment voyez-vous la sortie de crise ?

Laurent Blum : Schmidt Groupe est leader avec les plus belles marques du marché. Nous planchons sur un plan de relance, confidentiel aujourd’hui. Ce sera la prime au leader et à l’offensive. Nous avons bien l’intention de regagner ce que nous avons perdu.

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