Interview de Philippe Barthelet, vice-président de Samsung France « Leaders sur le mobile, nous restons méfiants... »

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DossierINTERVIEWINTERVIEW Arrivée de la 4G, concurrence d'Apple, nouveaux produits, marché de la télévision... Philippe Barthelet fait le point sur la stratégie du géant coréen.

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LSA - Quand va-t-il y avoir un marché 4G pour les fabricants de mobiles ?
Philippe Barthelet - Aujourd'hui, la 4G est un marché de niche. Nous travaillons actuellement avec les opérateurs historiques, qui veulent se distinguer du nouvel entrant [Free Mobile, NDLR]. Pour nous, ça n'a pas été une décision facile à prendre. Fallait-il partir tout de suite et proposer une offre ou attendre un peu ? Nous avons finalement choisi d'être précurseurs et d'éduquer le marché. Nous lançons une campagne de pub télé sur la 4G et nous allons commercialiser cette année une quinzaine de smartphones compatibles.

LSA - Allez-vous lancer de nouvelles catégories de mobiles, comme vous l'aviez fait avec le Galaxy Note ?
P. B. - Oui, nous allons proposer un modèle avec un écran encore plus grand que celui du Galaxy Note et créer la catégorie des smartphones grand écran en France, à mi-chemin entre le smartphone et la tablette. Il y aura bien sûr un Galaxy S4 pour succéder au Galaxy S3, notre best-seller. Mais nous ne le montrerons pas au salon de Barcelone, car nous voulons qu'il y ait un effet de surprise chez nos concurrents. Et puis il y a notre nouvel OS, Tizen, qui devrait arriver en cours d'année et qui va remplacer notre OS actuel, Bada.

LSA - Sur le mobile, vous avez creusé l'écart avec vos concurrents cette année. Qui craignez-vous encore ?
P. B. - Nous restons méfiants. Il y a, certes, un léger essoufflement chez Apple, mais ils ont encore un fort potentiel et un trésor de guerre formidable. Et puis il y a les chinois, même si ce n'est pas gagné pour eux. Ils sont dans la même situation que nous il y a dix ans. Ils devront beaucoup investir pour prendre une place sur un marché qui plébiscite de plus en plus les grandes marques.

LSA - Le marché de la télévision, sur lequel vous êtes leaders, s'effondre, comment le relancer ?
P. B. - La télé, c'est compliqué. C'est un marché hybride, à la fois équipement de la maison, mais aussi achat d'impulsion. Il faut continuer à innover, que ce soit l'oled, la commande avec la voix, l'ultra-haute définition... Nous allons lancer cette année des modèles très haut de gamme à plus de 10 000 €. Même si nous n'en vendrons pas beaucoup, ce sont des produits vitrines qui ne peuvent faire que du bien à la distribution.

LSA - Finalement, dans l'EGP, il n'y a que le marché des tablettes qui vous échappe...
P. B. - Et encore, nous sommes passés devant Apple en volume en décembre, avec 25% de part de marché. Sur l'ensemble de l'année, en France, nous sommes à 15% à peu près. En 2013, le marché va encore grossir, puisqu'il devrait atteindre les 5 millions d'unités, contre 3,4 millions en 2012. Il faut qu'on soit largement numéro un maintenant. D'autant que notre succès sur les tablettes nous renforce aussi sur le PC, où nous commençons à peser [7% de part de marché en 2012, NDLR]. C'est pour cela que nous avons fusionné les pôles tablettes, PC et smartphones en 2012.

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Article extrait
du magazine N° 2263

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