Interview de Renaud Thierry, directeur général France de Fujifilm : « Notre légitimité sur les cosmétiques, c'est notre R&D »

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DossierINTERVIEWINTERVIEW La société japonaise Fujifilm s'insère sur le marché des cosmétiques avec Astalift. Une arrivée stratégique fondée sur son savoir-faire technologique.

Renaud Thierry

LSA - Vous débarquez sur le marché des cosmétiques. Quelle est votre légitimité ?

Renaud Thierry - Notre arrivée sur le marché se justifie par notre savoir-faire technique. Ce n'est en aucun cas un revirement, mais une ouverture stratégique. Nous sommes un groupe d'ingénieurs. Nous cherchons et développons à tous les niveaux. L'activité de Fujifilm a commencé en 1929 par le cinéma. Nous travaillons sur la photo et la lumière. Nous avons acquis de grandes connaissances en optique et sommes des spécialistes de l'éclat ou de la luminosité. De plus, une pellicule se compose essentiellement de collagène. Nous fabriquons depuis longtemps des émulsions photosensibles. Une image résiste à la lumière sur une photo grâce aux antioxydants déposés sur le papier. Nous maîtrisons plus de 4 000 de ces matériaux à ce jour. D'autant plus dans un processus de micronisation. L'infiniment petit est pour nous un domaine de prédilection. Nous sommes l'entreprise qui possède le plus grand nombre de brevets liés à cette activité !

 

LSA - Mais la conception de cosmétiques ne se limite pas aux seuls constituants ?

R. T. - En effet, mais le groupe s'est orienté depuis plusieurs années vers des activités également plus médicales. En ayant racheté Xerox en Asie, nous avons acquis un autre savoir-faire en termes d'imagerie médicale. Nous fabriquons des appareils de radiographie, de mammographie... Mais nous avons également acquis des laboratoires pharmaceutiques. Chez Fujifilm, se côtoient des biologistes qui travaillent sur les cellules, des dermatologues, mais aussi des physiciens... Concrètement, en travaillant sur tous ces domaines, nous nous sommes rendu compte que nous étions très proches des cosmétiques. Cela complète notre activité.

 

LSA - De quoi se compose votre gamme Astalift ?

R. T. - Une partie était présente en Asie depuis 2007 avec le sérum Aqualista. Elle arrive en Europe, et la France en est la tête de pont. La gamme de neuf références tourne autour d'une molécule très instable : l'astaxanthine, que nous avons réussi à maîtriser. C'est un puissant antioxydant tiré d'une microalgue marine. Elle donne notamment sa couleur rose au homard ou à la crevette. C'est pourquoi notre gamme est rouge. Elle est répartie en trois axes : purifier, booster et régénérer.

 

LSA - Quelles sont vos ambitions ?

R. T. - Nous nous sommes donné les moyens d'une grande marque et comptons arriver assez vite parmi les dix grands du secteur. Le groupe a donné une autonomie locale à chaque filiale pour développer le lancement. Nous avons réalisé qu'avec notre expérience sur le marché de la photo, nous avions de réelles connaissances dans le déploiement de nouveautés, mais aussi des relations avec les distributeurs.

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Article extrait
du magazine N° 2222

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