Interview de Sébastien Truffier-Blanc, directeur PGC frais industriel et Isabelle Barillé, responsable des gammes santé : « Une responsabilité sociétale pour les GMS »

|

DossierINTERVIEWINTERVIEW Les responsables du pôle santé et charcuterie LS de l'enseigne Casino expliquent la difficulté de faire émerger une telle offre au rayon des salaisons.

L222903801_2Z.jpg
L222903801_2Z.jpg© PHOTOS DR

LSA - La santé est-elle un axe important pour le groupe Casino ?

Sébastien Truffier-Blanc - Nous étudions les compositions des tickets de caisse, et nous constatons que la part des clients « nutri-santé », tels que nous les avons identifiés, est croissante. La preuve est surtout flagrante dans le frais laitier. Nous avons mis en place une démarche globale de clean label pour satisfaire cette demande, et la gamme Bien pour vous, au rayon LS charcuterie depuis fin 2010, est aussi un bon levier pour répondre à ces consommateurs.

Isabelle Barillé - Depuis 2000, nous travaillons sur ces nouvelles attentes, qui s'expliquent avec le vieillissement de la population, les problèmes d'allergies ou d'obésité. Nous avons commencé par refaire nos tableaux de nutrition en indiquant les valeurs nutritionnelles par portion et non plus par tranche de 100 grammes. Nous avons aussi indiqué des éléments pour des menus équilibrés. Notre engagement s'est aussi concrétisé avec la signature de la charte du PNNS [Programme national nutrition-santé, NDLR] auprès du ministère de la Santé en 2008. Au total, nous avons amélioré le profil de 2 000 références à fin 2011, avec, en moyenne, une baisse de 24 % des matières grasses et une diminution de 18 % pour le sel.

 

LSA - Le rayon charcuterie est-il propice pour développer cette offre ?

S. T.-B. - La charcuterie est un rayon frais très dynamique, avec un taux de pénétration de 99 % et une fréquence d'achat annuelle de 37 actes en 2011, selon Kantar Worldpanel. Mais travailler l'offre santé est compliqué. Nous avons misé sur cinq blockbusters dont la teneur en sel a été réduite de 25 %, et nous travaillons avec l'association Bleu-Blanc-Coeur pour garantir des produits riches en oméga 3.

I. B. - C'est un travail difficile sur la charcuterie, notamment pour le sel, car nous ne le remplaçons pas par d'autres additifs. Nous avons homogénéisé la teneur en sel de l'ensemble de notre offre au rayon charcuterie. Pour les matières grasses, nous les avons diminuées sur plusieurs produits, comme le cervelas ou les saucisses cocktail, mais la baisse est progressive et n'atteint pas 30 %, nous ne pouvons pas encore en faire un argument de vente.

 

LSA - Envisagez-vous un pôle santé en magasins ?

S. T.-B. - La limite de l'exercice, c'est que, avec cinq références, on ne peut pas créer un pôle santé, nous perdrions en visibilité et donc le client. Mais nous devons continuer à travailler notre offre, à la structurer. Il y va de notre responsabilité sociétale de distributeurs.

I. B. - La santé est un argument valable dans l'ensemble du magasin via quatre pôles : le sport, les produits sans lactose, pour la protection de l'organisme, et pour la forme. Mais les promesses que nous travaillons sont différentes selon les rayons, ce n'est pas la même logique. Pour la charcuterie, nous nous concentrons surtout pour réduire les teneurs en sel.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2229

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous