Interview de William G. Koeberlé Président du CdCF : "Pour développer l'emploi, il faut simplifier la vie des commerçants"

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INTERVIEW Le nouveau patron du commerce en France s’inquiète des taxes et normes sur le commerce physique alors qu’il fait face à l’économie numérique. Et en matière de formation, il entend sensibiliser les candidats à la présidentielle.

William G. Koeberlé

LSA - Vous présidez le CdCF depuis début juin. Comment va le commerce en France ?

William G. Koeberlé - Nous vivons une profonde transformation du commerce, du fait de la révolution numérique, d’exigence de sécurité, de traçabilité, de demande de prix, de disponibilité pour le client en dehors de son temps de travail. Il y a des gagnants et d’autres plus en retrait. Le premier semestre a été très difficile, à cause des inondations, des grèves, des attentats. Le bricolage se maintient, mais l’habillement souffre, à cause de la météo. Je suis impatient de savoir s’il s’agit de phénomènes de fond, ou d’une difficulté conjoncturelle.

LSA - Quelles sont les priorités de votre mandat ?

W. G. K. - J’en ai trois : favoriser un développement équilibré du commerce, continuer de dévelop­per l’emploi et simplifier la vie des commerçants. Il est nécessaire de rassembler l’ensemble des fédérations de commerçants, depuis les plus indépendants jusqu’aux centres commerciaux, pour défen­dre les intérêts du commerce, trop peu représenté au regard de l’industrie, de l’agriculture ou des services. Avec l’installation en avril 2016 de la 3C – la Commission de concertation sur le commerce – dont je suis le premier vice-prési­dent, nous avons à notre disposi­tion une structure transversale pour dialoguer avec les pouvoirs publics. Le but est de favoriser un développement équilibré de toutes les formes de commerce. Nous devons être associés à la réflexion sur la transformation des villes ; chaque commerce doit bénéficier de la fibre optique, y compris dans les régions les plus reculées.

Enfin, la fiscalité n’est plus adaptée au contexte du multicanal. Les magasins physiques paient de plus en plus de taxes assises sur le foncier, alors que certains sites en lignes qui opèrent de l’étranger n’en paient pas !

LSA - Quel bilan tirez-vous de la loi Macron sur l’ouverture du dimanche ?

W. G. K. - C’est une vraie avancée, mais nous sommes encore au niveau du dialogue avec les partenaires sociaux quand ils en ont envie. Mais certains ont des positions doctrinaires, et on ne peut que constater un certain retard à l’allumage ! Le ministre de l’Économie a créé un observatoire du commerce dans les zones touristiques internationales, nous attendons avec impatience l’évaluation des retombées économiques.

LSA - Les candidats à la présidentielle se multiplient. Qu’attendez-vous d’eux ?

W. G. K. - Nous voulons évoquer le coût du travail, dans un contex­te d’automatisation – comme on le voit dans les entrepôts – ou de concurrence du numérique ; les seuils sociaux posent problème ; nous voulons échanger sur la formation, l’apprentissage, les stages, dont le modèle ne fonctionne pas bien en France. Nous perdons des apprentis chaque année ! Le commerce, c’est 780 000 entrepri­ses et 3 millions de salariés. Il faut lui simplifier la vie.

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Article extrait
du magazine N° 2424

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