Marchés

Interview exclusive de Matthieu Lambeaux, directeur général de Findus France

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Depuis plus d’une semaine, le scandale « horsegate » ne cesse de s’amplifier partout en Europe. Après la découverte en Irlande et en Grande-Bretagne de traces de viande de cheval, la France est touchée à son tour sur les plats cuisinés surgelés Findus mais aussi une vingtaine d’autres marques. Depuis, l’enquête avance à grands pas et les responsabilités des différentes parties en cause se faisant jour après jour plus précises.

LSA no 2262

En exclusivité pour LSA, Matthieu Lambeaux, directeur général de Findus France et CEO Findus Europe du Sud, revient sur les dessous de ce scandale. Après avoir déposé une plainte contre X le 18 février auprès du procureur de la République française, l’industriel réagit activement et entend renouer avec la confiance des consommateurs, remettre à plat le marché des plats cuisinés surgelés et reprendre le contrôle de la filière viande pour qu’un tel scandale ne se reproduise plus jamais.

LSA - Vendredi 8 février, Findus annonçait le retrait de trois de ses plats cuisinés (lasagnes bolognaises, hachis Parmentier et moussaka). Le 18 février, vous déposiez une plainte contre X. Quelle a été la chronologie des faits ?

Matthieu Lambeaux - L’affaire a débuté chez Tesco le 15 janvier, après que des traces de viande de cheval ont été retrouvées dans des hamburgers. Partant de là, nous avons décidé de compléter nos contrôles de routine avec des tests ADN. Le 30 janvier, Findus Royaume-Uni découvrait la présence de viande de cheval dans ses produits, censés être à base de bœuf. Nous étions sous le choc. En quarante-huit heures, nous avons lancé des opérations coup de poing partout en Europe afin de forcer les filières à se rendre compte du problème et à communiquer.  La transparence est un principe fondamental chez nous. En vingt-quatre heures, toute la filière a été remontée. Via un audit surprise, on a pointé que le problème provenait d’une erreur d’étiquetage chez Spanghero, qui appartient à la coopérative du Sud-Ouest Lur Berri. Nous nous sommes vite rendu compte d’une incohérence dans la traçabilité : d’une part, la viande était transformée en Roumanie et non en France ; d’autre part, il s’agissait de cheval et non de bœuf. C’est à ce stade que nous avons mis au jour la présence des intermédiaires et des traders. C’est inacceptable. Nous étions convaincus que Comigel s’approvisionnait auprès d’une coopérative du Sud-Ouest.  Dès lors, nous avons lancé des tests de vérification sur une soixantaine des produits les plus exposés, en France, en Suède et en Grande-Bretagne, pour montrer notre responsabilité. Nous avons agi comme les « WikiLeaks » de l’alimentaire. Les autorités sanitaires ont alors été informées par Findus et Comigel d’une suspicion concernant probablement plus de 20 marques en Europe. Cinq jours après, soit le 7 février, le résultat est tombé : la présence de viande de cheval est avérée. Nous avons donc décidé de retirer les trois références concernées des rayons. Le surlendemain, nous annonçions que nous étions victimes de tromperie, d’une fraude du système européen d’étiquetage. Et le lundi 18 février, nous déposions plainte contre X auprès du procureur de la République en France.

LSA - Comment Findus gère-t-il cette crise ?

M. L. - Nous sommes une marque militante et nous faisons bouger les lignes. Nous l’avons déjà prouvé sur la traçabilité de nos poissons, la suppression de l’huile de palme dans nos produits… Mais, dans cette histoire, il faut tout de même rappeler que c’est Findus, lui-même, qui a révélé l’affaire ! Il est clair que nous avons été sous les feux des projecteurs au moment où le scandale éclatait ; mais plus l’enquête avançait et moins nous étions pointés du doigt. Aujourd’hui, nous voulons montrer que nous avons été trompés. Certains affirment même que, sans Findus, on mangerait encore du cheval ! Depuis que nos produits sont de retour en linéaires, nous pratiquons des tests ADN sur 100 % des lots contenant de la viande de bœuf. Et nous opérerons de la sorte jusqu’à ce que le système d’étiquetage soit de nouveau digne de notre confiance.

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