Jacques Creyssel, Délégué général de la FCD« S’interdire les comparateurs de prix serait un symbole fort »

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

COMMUNIQUÉS Jacques Creyssel maintient sa position sur les comparateurs de prix, estimant qu’un engagement des enseignes serait un symbole fort pour aider toute la filière alimentaire à traverser la période de déflation actuelle. Mais il précise qu’il ne s’agit que d’une de ses propositions, et appelle à une réflexion stratégique d’ensemble.

LSA - Dans une lettre au Premier ministre, vous évoquez l’idée de supprimer les comparateurs de prix entre enseignes. Pourquoi

Jacques Creyssel - La lettre ouverte de l’Ania, Coop de France et la FNSEA au Premier ministre se voulait polémique. Nous avons voulu y répondre de manière constructive et argumentée. La déflation est une réalité dont les conséquences peuvent être négatives, à terme, pour toute la filière agroalimentaire. C’est pourquoi nous leur faisons aujourd’hui trois propositions concrètes. D’abord, signer rapidement le label « fournisseur responsable », qui est un code volontaire de bonne conduite dans les relations commerciales, mais que l’Ania refuse de signer parce qu’il met en avant les mesures spécifiques en faveur des PME. Je pense que nous y parviendrons.

Notre deuxième proposition est de nous mettre autour d’une table avec les trois fédérations agricoles et alimentaires pour regarder concrètement la situation. C’est dans ce cadre que nous avons proposé que les enseignes renoncent volontairement à la publicité nationale sur les comparateurs de prix, qui est un symbole pour beaucoup de la situation actuelle. Enfin, notre dernière proposition est de réfléchir ensemble aux grands enjeux de moyen et long termes. Il faut sortir de la guerre de tranchées entre agriculteurs, industriels et distributeurs.

LSA - La fin des comparateurs permettrait-t-elle d’endiguer vraiment la déflation

J. C. - La publicité comparative permanente participe au climat général, mais ce n’est bien enten­du pas la cause de la déflation. La baisse des prix n’est pas spécifique à la France, c’est la même chose en Belgique, en Angleterre ! Elle n’est pas non plus spécifique à l’alimentaire, et touche souvent de manière beaucoup plus importante le non-alimentaire. Il faut arrêter de stigmatiser la soi-disan­te responsabilité de la distribution dans cette situation. L’origine du phénomène est à rechercher dans le recul, sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, du pouvoir d’achat. Chacun a sa part de responsabilité. Le consommateur est rationnel et cherche plus de qualité au meilleur prix. Et les distributeurs, comme les industriels, essaient de répondre à sa demande. C’est un climat de déflation classique. Cela permet, à court terme, à la consommation de tenir, d’autant plus que cela s’accompagne d’un mouvement de valorisation des produits. Mais, à long terme, c’est destructeur pour tous les acteurs.

LSA - Michel-Édouard Leclerc s’étonne de cette proposition…

J. C. - Nous n’avons jamais demandé l’interdiction par la loi des comparateurs de prix, mais un engagement de toutes les ensei­gnes de ne pas faire de publicité comparative. Il faut arrêter de s’en remettre à la loi et aux pouvoirs publics. Nous devons tous être responsables et travailler ensemble. Les propos de Michel-Édouard Leclerc sont essentiellement défensifs et illustrent à merveille, en comparant des prix de magasins de taille différente, les limites mêmes des comparateurs de prix. Il est temps d’arrêter ces discours du passé et d’avancer ensemble sur les grands sujets. 

Réagir

Pseudo obligatoire

Email obligatoire

Email incorrect

Commentaire obligatoire

Captcha obligatoire

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2327

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus
 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA