Jacques Creyssel, délégué général de la FCD : «Sans croissance, il est évident que les négociations seront difficiles»

Dans une interview exclusive, Jacques Creyssel, qui représente les grandes enseignes de distribution, estime que les négociations avec les industriels vont être difficiles en raison de l'absence de croissance. Pour lui, la conjoncture déflationniste est le résultat du recul du pouvoir d’achat de l’absence de croissance. La baisse des prix est dangereuse à court terme, mais qui fait tenir les volumes de vente. Il appelle le gouvernement à des vraies réformes plutôt qu’à de petits «déverrouillages», comme l'a annoncé le ministre de l'Economie, et dénonce le coût des nouvelles contraintes, fiscales ou environnementales. Jacques Creyssel sera l'un des intervenants de la conférence de LSA consacrée aux négociations commerciales qui se tiendra demain, à paris (Renseignements et insciptions en cliquant sur ce lien), en présence notamment de Georges Plassat (Carrefour), Michel-Edouard Leclerc, Serge Papin (Système U), Vincent Mignot (Auchan) et Thierry Cotillard (Intermarché).

Jacques Creyssel, délégué général de la FCD, demane à Emmanuel Macron de vraies réformes pour relancer la consommation
Jacques Creyssel, délégué général de la FCD, demane à Emmanuel Macron de vraies réformes pour relancer la consommation© DR

 

LSA : La consommation semble se tarir et la guerre des prix sévit depuis plus d’un an. Comment les grandes surfaces font-elles face ?

Jacques Creyssel : La conjoncture est difficile et la météo de cet été n’a rien arrangé. Nous sommes dans une crise très particulière, tant d’ailleurs par son intensité que par sa durée. Le volume global de la  consommation n’a pas bougé depuis sept ans : nous sommes revenus, pour les achats de biens  au niveau d’août  2007. Le pouvoir d’achat par ménage recule depuis trois ans. Ce qui se traduit par une conjoncture déflationniste, qui est à terme dangereuse pour les producteurs, les industriels et les distributeurs. Tout le monde est contraint de faire des efforts sur les marges. Et la situation est paradoxale, car les consommateurs considèrent tous que les prix continuent à augmenter. Selon un sondage récent, 83 % pensent que les prix alimentaires augmentent, 17 % qu’ils sont stables et aucun n’observe qu’ils baissent ! Et, dans le même temps cette légère diminution des prix fait tenir les volumes, en incitant en outre les Français à acheter des produits de meilleure qualité, des produits locaux, de gammes supérieures, ce qu’on appelle la valorisation.

Les acteurs sont en fait très rationnels : le consommateur cherche le prix le plus bas possible parce que son pouvoir d’achat recule, le producteur baisse ses prix pour maintenir ses ventes et sa part de marché, et le distributeur cherche à maintenir les volumes en diminuant les prix. Cette situation a permis à la France d’être le seul pays d’Europe où les volumes se sont tenus au premier semestre. En Allemagne et en Angleterre, les volumes de vente sont en chute. Ne nous trompons pas pour autant de diagnostic. La déflation n’est absolument pas due à la grande distribution, comme certains le font croire. Elle est d’abord liée à la situation conjoncturelle, et est en grande partie nourrie par la baisse des matières premières.

LSA : L’alliance Système U semble pourtant résulter de la guerre des prix, et elle vise à peser plus face aux industriels. Quel en est votre lecture ?

J.C : Je ne fais pas de commentaires sur les alliances commerciales entre des entreprises du secteur et d’ailleurs nous ne commentons pas non plus les évolutions régulières qui existent dans le secteur industriel, par exemple récemment la fusion des deux principales entreprises mondiales dans le café. C’est une règle que devraient s’appliquer les dirigeants des organisations professionnelles industrielles. Le rapprochement d’entreprises, c’est la vie économique.

LSA : Mais compte tenu de la concentration accentuée du secteur, n’y-a-t-il pas un risque que les négociations qui vont s’ouvrir bientôt soient très rudes ?

J.C. : Chaque année, on dit que les négociations ont été plus rudes que l’année précédente. L’élément essentiel, c’est la conjoncture économique. Sans croissance de la consommation et sans croissance du pouvoir d’achat, il est évident que les discussions sont plus difficiles que lorsque la croissance est soutenue. Pour les relations commerciales, il s’agira de la première année de la mise en œuvre de la loi Hamon, qui représente un équilibre, entre  le renforcement d’un certain nombre de règles adoptées à la demande des industriels, et de l’autre le maintien de fondamentaux comme la libre négociabilité des tarifs. C’est un bon équilibre.

Ceux qui appellent à une nouvelle modification de la loi cherchent en fait en permanence à remettre en cause les règles du jeu, pour permettre aux grandes entreprises de prendre des marchés aux plus petites qui n’ont pas les moyens juridiques de s’adapter à de nouvelles règles. Laissons la loi s’appliquer. Dans une situation conjoncturelle aussi difficile, la priorité doit être donnée au développement des PME. C’est pourquoi nous allons signer avec la Feef de nouveaux engagements, portant à la fois sur des règles de bonne pratique dans les box de négociations et sur la mise en place d’un cadre précis pour la clause de revoyure.

On doit d’ailleurs se féliciter que les efforts que nous menons depuis des années se traduisent, selon Nielsen, par une part de l’offre PME qui tend à augmenter de manière significative. Même si, en période de crise, l’activité des PME est très compliquée parce qu’elles n’ont pas la surface financière pour résister face aux grandes entreprises industrielles.

LSA : Vous semblez soutenir les mesures fiscales et sociales mises  en place par le gouvernement.  Or, des députés contestent que la distribution puisse en bénéficier. Quelle est votre position ?

J.C. Les entreprises et en particulier celles de la distribution ont subi au cours des dernières années un double choc, la disparition de la croissance et une augmentation extrêmement forte de la pression fiscale. Ce n’est pas tenable. L’annonce par le gouvernement d’une nouvelle politique en faveur de l’offre doit donc être saluée, car elle est indispensable pour que nos entreprises retrouvent le chemin de la croissance. Et cette politique commence à produire des effets. J’ai indiqué lors d’une audition devant l’Assemblée nationale que nous avions perdu entre 2010  et 2012 l’équivalent de 25 000 emplois équivalent temps-plein, mais que les premiers chiffres de 2013 marquent au contraire une inversion très claire avec de l’ordre de 5 000 créations d’emplois nettes dans le secteur. Il s’agit très clairement des premiers effets du CICE, et on ne peut que s’en réjouir.

Encore faut-il que ceci ne soit pas remis en cause !  C’est le cas avec la réintroduction des temps de pause dans le calcul des allégements de charge, qui reviendrait à annuler les nouveaux allègements de charges prévus par le Pacte de responsabilité, estimés à 200 millions d’euros.

C’est très grave. Il faut qu’il y ait une ligne claire et surtout constante. L’emploi suppose la confiance dans les actes du gouvernement surtout au moment où le commerce évolue profondément.  Quant au Cice, arrêtons d’évoquer des chiffres fantaisistes. Certains citent 2 milliards d’euros pour la grande distribution alors qu’en réalité, il s’agit de 450 millions d’euros cette année.  Ajoutons que ce montant est bien inférieur à l’évolution des impôts et des taxes depuis trois ans ! Et qu’il est totalement justifié : nous sommes le principal employeur et le premier recruteur de jeunes peu qualifiés dans ce pays. Pourquoi faudrait-il considérer qu’il y a de mauvais emplois dans la grande distribution et de bons emplois ailleurs ? Nous nous battons pour que ces mesures soient maintenues.

LSA Que pensez-vous de l’alourdissement de la fiscalité des ménages, passée de 45 à 70 milliards d’euros en sept ans ? N’est-ce pas la cause du recul du pouvoir d’achat ?

J.C. Il est évident que l’alourdissement de la fiscalité des ménages contribue à diminuer le pouvoir d’achat des ménages. L’impact psychologique et financier  des impôts est très lourd de conséquences. Les allers et retours permanents  d’annonce d’augmentations puis d’annonces de baisses, font que les ménages sont perdus, et s’inquiètent. C’est aussi ce qui les amène à augmenter leur épargne plutôt qu’à consommer. Ce comportement de précaution ne fait qu’accentuer la crise. Il s’agit d’un cercle vicieux. En fait, le débat entre la politique de la demande et la politique de l’offre qui s’opposeraient, est totalement artificiel. L’investissement nourrit aussi bien la demande que l’offre.

Ce qui est certain, c’est qu’il n’y aura de retour de la confiance qu’à partir du moment où les baisses d’impôts sur les entreprises comme sur les ménages seront financées par de vraies économies visibles et durables sur les dépenses publiques, et pas par un jeu de mistigri permanent sur les taxes.. En dehors du sujet majeur des cotisations sociales, une des priorités nous paraît être à cet égard  le sujet de la fiscalité locale.. Le commerce, qui n’est pas délocalisable, subit de ce fait une lourde imposition locale et une multiplication de taxes spécifiques, comme la Tascom, qui représente des montants en croissance forte.  Il faut supprimer ces impôts obsolètes. Nous en avons transmis la liste au ministère de l’Economie. Ill faudra en outre éviter la dérive due à la révision des valeurs locatives.

LSA : Qu’attendez-vous concrètement en matière de simplification pour votre secteur ? Est-ce un vœu pieux que d’y parvenir ?

J.C. Nous sommes très loin d’être sur le chemin de la simplification, quand on regarde ce qui nous a été infligé depuis un an ! Qu’il s’agisse des « comptes rendus de négociation », imposés par la loi Hamon, de l’obligation d’indiquer la disponibilité des pièces détachées sur les tickets de caisse, des nouvelles contraintes en matière d’urbanisme commercial, des nouvelles règles sur l’accès des magasins aux handicapés, celles sur la pénibilité…sans compter la kyrielle de petites taxes nouvelles. Chaque jour, il y a de nouvelles obligations, et parler de simplification, c’est une mystification complète. Il faut rappeler que chaque patron de magasin est un chef d’entreprise et que cette avalanche de nouveaux textes l’empêche de faire son métier. La première priorité c’est d’éviter d’en rajouter.  Ce qui ne semble pas être au programme, notamment en matière d’environnement…

LSA : La future loi Macron se profile. Le ministre de l’Economie a parlé de « petits déverrouillages économiques», notamment l’ouverture du dimanche. Qu’attendez-vous de lui dans ce texte ?

J.C. Une loi nouvelle sans ambition est une loi inutile ! Quand on parle de petits déverrouillages, c’est comme si l’on annonçait  qu’il ne se passera pas grand-chose ! Si on veut de la croissance et du pouvoir d’achat, il faut réformer en profondeur pour les dix ans à venir. L’ouverture dominicale et la vente de médicaments en grande surface sont, pour nous, des priorités majeures. Pour le travail dominical et de soirée, ils correspondent à une demande des consommateurs, surtout dans les grandes villes, où l’amplitude des horaires est plus grande. Il y a une vraie attente. 72% des Français se prononçent d’ailleurs en faveur d’une ouverture généralisée. Dans le même temps, de nouveaux modes de commerce, sans magasins et sans salariés se développent, avec la multiplication des casiers et l’arrivée annoncée d’Amazon Fresh.

Le sujet n’est plus de savoir si les consommateurs vont faire leurs courses le dimanche, mais de savoir si ils vont pouvoir le faire dans des magasins physiques avec des salariés, ou seulement dans des magasins virtuels. Des dizaines de milliers d’emplois peuvent être créés si le gouvernement engage une vraie réforme. Celle-ci doit passer par la suppression des interdictions préfectorales, la possibilité pour les commerces de proximité d’ouvrir dans les grandes villes tous les dimanches, la suppression des distorsions de concurrence entre les magasins sachant que les magasins d’électroménager ne peuvent pas ouvrir alors que les magasins de meubles qui vendent de l’électroménager le peuvent, et quinze ouvertures dominicales par an librement choisies pour tous les magasins.

Le  travail en soirée doit également être rendu possible dans le cadre d’accords d’entreprises ou de branche... Et la loi ne doit pas viser seulement à lever les freins pour les touristes : la question concerne tous les Français, tous les territoires. On a un peu l’impression que le gouvernement se focalise sur les touristes chinois... Ce n’est qu’une petite partie du sujet. La réforme est urgente, il faut penser emploi, croissance, activité économique en général et consommation, en simplifiant un système totalement incompréhensible. C’est ce rôle que doit jouer  la loi Macron.

LSA Où en êtes-vous des arrêtés préfectoraux que vous contestiez pour l’ouverture des magasins alimentaires ? Leclerc se dit contraint d’ouvrir le dimanche à Roques sur Garonne…

JC : Nous sommes pour la remise en cause de ce système des arrêtés préfectoraux. D’ailleurs, nous venons de nous associer, à Paris, à la demande du Syndicat de l’Epicerie, de remettre en cause l’arrêté préfectoral qui interdit d’ouvrir le dimanche si on n’est pas fermé le lundi. En Haute-Garonne, la justice a permis l’ouverture des magasins le dimanche, conformément à notre demande et en dépit des conservatismes d’une enseigne.

LSA : Les grandes surfaces réclament depuis longtemps la vente de médicaments sans ordonnance. Pensez-vous obtenir gain de cause ?

J.C : C’est une priorité forte. Nous sommes satisfaits que la loi pour la consommation ait déjà permis d’avancer sur ce terrain avec la vente en grande surface des tests de grossesseet des produits pour lentilles de vue. Nous sommes totalement favorables à la proposition qui a été faite par l’Autorité de la concurrence comme par les associations de consommateurs de permettre la vente en grande surface de l’ensemble de la parapharmacie et des médicaments sans ordonnance. Evidemment, la vente serait réalisée dans des corners dédiés et sous le contrôle d’un diplômé en pharmacie avec les mêmes garanties déontologiques qu’en officine. Rien ne justifie plus le monopole en vigueur, c’est un sujet de pouvoir d’achat puisque la mesure permettrait de faire baisser de manière sensible, de l’ordre de 20 %, le prix des médicaments, selon les études des associations de consommateur. Ce serait positif, pour la consommation comme pour l’emploi. La situation économique est trop grave pour négliger de telles pistes.

LSA : La future loi prévoirait également un volet sur l’urbanisme commercial, qui pourrait être nourri des réflexions de l’Autorité de la concurrence sur les zones de chalandise et des contrats d’affiliation. Quelle est votre position sur ces sujets ?

J.C. Nous n’avons aucune information en ce sens. La seule annonce par le Premier ministre est une mesure de simplification des règles de l’urbanisme. Ce qui est frappant, c’est que le Président de la République, durant sa campagne, avait affirmé qu’il n’y aurait pas de nouvelle loi sur l’urbanisme commercial pendant son quinquennat, jugeant qu’il y en avait déjà eu bien assez. Or, nous en sommes à la… troisième loi !

Notre priorité n’est pas qu’on rajoute de nouvelles règles mais qu’au contraire, on revienne sur les nouvelles contraintes des lois Duflot et Pinel, comme l’application aux magasins existants de nouvelles normes environnementales lors d’une extension. Le coût qu’une telle mesure induit risque de paralyser les projets. Idem en ce qui concerne la limitation de la taille des parkings, ou  la mise en place du câblage pour les véhicules électriques alors même que la demande est quasi-inexistante. Il faut annuler les réformes antiéconomiques qui ont été prises depuis deux ans.

De même, dans la loi sur la transition énergétique à venir, un article  prévoit que les émissions de gaz à effet de serre doivent diminuer 10  % d’ici 2020 et 20 % d’ici 2025 s’agissant du transport mis en œuvre par les entreprises de la grande distribution. Et un amendement gouvernemental interdit totalement les sacs plastiques de caisse et les sacs plastiques non-biodégradables pour les fruits et légumes, alors que ceci va représenter un surcoût de 300 M€ pour les consommateurs, et n’a aucune justification écologique. Pourquoi de telles contraintes alors que les choses peuvent être faites de manière intelligente, comme nous l’avons fait pour les meubles de froid ou les sacs plastiques de caisse, dont le nombre a chuté de 11 milliards à 700 millions d’unités ? Sur tous ces sujets, arrêtons les lois inutiles, tenons compte de la situation économique, supprimons les coûts supplémentaires. En un mot, que l’on nous fasse confiance.

LSA : Pourquoi êtes-vous contre les feux tricolores sur les produits alimentaires et ne faut-il pas s’inquiéter de l’épidémie d’obésité ?

J.C. Les enseignes ont déjà pris, là aussi, de nombreuses initiatives en matière de nutrition comme la réduction des taux de sel ou de gras dans les marques de distributeurs, et les industriels en ont fait autant. Le projet de feux tricolores nous paraît aller à l’encontre de ce qu’il faut faire parce qu’il stigmatise des aliments, alors que le problème n’est pas d’interdire ou de recommander tel ou tel produit, c’est un problème d’équilibre nutritionnel. Il faut que les Français diversifient leur alimentation en utilisant des proportions raisonnables. L’obésité et le diabète sont de vrais sujets, mais qui sont mal traités. Nous voulons travailler sur une pédagogie de l’équilibre nutritionnel, sans passer par des interdits. Ce n’est pas parce que l’on mettra des feux rouges sur le fromage,  la charcuterie ou les boissons gazeuses que l’on permettra de faire de la pédagogie sur la nourriture. Sur ce sujet aussi, l’Etat doit travailler en confiance avec les professionnels.

LSA : Le Medef vient de réclamer la suppression de deux jours fériés, et une révision du Code de travail. Quels effets concrets auraient ces mesures ?

J.C Le Medef a publié un document intéressant sur la France à moyen terme, qui montre que nous sommes confrontés  à trois ruptures très fortes, à la fois géographique, climatique et numérique. Il faut absolument que s’ouvrent de vrais débats  sur les réformes qui doivent permettre, dans ce contexte de rupture, de créer plus de croissance et de pouvoir d’achat. Le Medef est dans son rôle. Tout ce qui est proposé en matière de simplification du Code du travail est nécessaire.  Les chefs d’entreprises de magasins de proximité sont confrontés à des règles que personne ne comprend. Le Code du travail suisse, avec ses 60 pages, est très intéressant car il renvoie à des accords sociaux, alors que nous avons un code de 3000  pages que personne ne comprend !  Le vrai sujet, c’est comment fait-on pour s’adapter à demain.

LSA : Comment évolue le périmètre de la FCD, notamment avec le retour de Système U ?

J.C. Système U et Serge Papin vont nous apporter leur sensibilité et leur très grande expertise, et nous nous en réjouissons.  Nous espérons qu’Intermarché fera un jour de même parce que dans un moment difficile où l’Etat exsangue multiplie les réglementations nouvelles et les contraintes, il faut que nous soyons le plus unis et le plus représentatifs possibles. Nous connaissons les sensibilités des indépendants, et nous avons beaucoup de sujets à défendre en commun.

De manière plus générale, la FCD est en profonde transformation, en essayant de renforcer sa représentativité dans le domaine non-alimentaire, car le monde patronal reste beaucoup trop éclaté. Il faut que l’ensemble des grandes enseignes alimentaires et spécialisées parlent d’une voix commune – Nous avons déjà Darty, Décathlon, Boulanger et Go Sport parmi nos adhérents, d’autres ont vocation à nous rejoindre.  Nous voulons aussi nous rapprocher le plus possible du terrain, et nous déployons un réseau de FCD régionales, avec des présidents qui puissent prendre la parole au niveau local, ou participer aux réunions sur la formation, le travail dominical… qui sont des vrais sujets de terrain.

Enfin, nous avons créé, à côté de la FCD, une nouvelle fédération, la Fédération du commerce de proximité, qui compte déjà 5 000 adhérents, magasins franchisés ou affiliés d’un certain nombre de groupes, afin d’être plus efficaces sur le travail dominical, l’accessibilité des magasins, la sécurité. C’est une vraie stratégie de long terme.  D’une manière générale, les fédérations sont trop dispersées et chacune avec trop peu de moyens. Les nouvelles règles de représentativité patronale et la nécessité d’être plus fort vis-à-vis de l’Etat doivent conduire à nous regrouper. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle des entreprises adhérent directement à la FCD, tout en adhérant également à leur fédération sectorielle.

Propos recueillis par Sylvain Aubril

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