Jacques Creyssel (FCD) : «le consommateur ne doit pas payer seul la note de la hausse des matières premières»

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LÉGISLATION - LOIS Dans une interview exclusive accordée à LSA, le délégué général de la Fédération du commerce et de la distribution estime qu’il ne serait pas normal que la hausse du prix des céréales soit intégralement supportée par les consommateurs et appelle à des « péréquations » à l’intérieur du monde agricole.

Jacques Creyssel
Jacques Creyssel© DR

« Il n’y a aucune raison que le consommateur paie seule la note de l’augmentation du prix des céréales, due à des facteurs de sécheresse aux Etats-Unis, alors même que la récolte en France en 2012 a été d’un niveau normal, souligne Jacques Creyssel.  Aujourd’hui, une partie de l’agriculture, les éleveurs, souffre, à cause de l’augmentation du prix des aliments alors qu’une autre voit ses revenus augmenter en profitant de la hausse des marchés mondiaux. Pourquoi le consommateur en paierait-il seul les conséquences ? Il faut  que soit mis en place de manière structurelle une contractualisation entre la production animale et la production végétale et que des péréquations se fassent à l’intérieur du monde agricole. Il existe des techniques de couverture que le monde céréalier connaît bien, qui permettraient que la volatilité soit la plus faible possible ». 

Risque de chute des volumes

Le dirigeant de la fédération qui représente les grandes enseignes (Auchan, Carrefour, Système U), ajoute que les hausses pourraient provoquer des chutes de volumes, et refuse par ailleurs que l’on fasse croire que tous les prix de l’alimentaire vont augmenter de manière massive. « Ce serait le pire des messages. N’oublions pas que si le prix des céréales a augmenté, d’autres produits ont baissé depuis un an, le riz (-12 %), le sucre (-28%), le café (-14 %) ou  le cacao (-13 %). ».

La remise en cause de la LME

L’interview est publiée intégralement dans le magazine LSA à paraître jeudi, mais Jacques Creyssel doit aussi prendre la parole lors de la journée consacrée au Négociations Commerciales, qui réunit 500 dirigeants de la distribution et de la grande consommation (organisée par LSA), demain mercredi 3, à Paris.  Il devrait également s’exprimer sur le projet annoncé par le ministre de l’Agroalimentaire, Guillaume Garot, de revoir la loi de modernisation de l’Economie dans un sens plus favorable aux fournisseurs.

1 commentaire

olivj

02/10/2012 22h49 - olivj

Si je comprends bien, le raisonnement de la FCD est de dire que les agriculteurs doivent se débrouiller entre eux pour "rester pauvre"... Il va bien falloir comprendre un jour que l'on ne peut pas artificialiser des terres arables(1 département tout les 7 ans en France), mettre une partie des productions végétales dans les agro-carburants tout en ayant des besoins alimentaires d'une population mondiale qui augmentent chaque jour. C'est l'offre et la demande, les marchés agricoles sont ouverts et de moins en moins régulés. Si les agriculteurs peuvent gagner un peu d'argent, je ne vois pas ce qui pourrait les en empêcher. Un éleveur de porcs qui sort de 4 années de pertes financières et qui commence à entrevoir le bout du tunnel.

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