Jacquet repart à l'attaque

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Distancé par Harry's, le groupe compte s'appuyer sur le savoir-faire de sa maison mère, Limagrain, pour multiplier les innovations à forte valeur ajoutée sur un marché au potentiel encore important.

- Chiffre d'affaires à fin juin 2009 199 M E, + 3,4 % à périmètre comparable - 150 M E de pertes cumulées depuis 1995, quelques millions d'euros de bénéfice depuis deux ans - 900 salariés - Un groupe franco-français 89 % de son chiffre d'affaires en France, 11 % à l'étranger (Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, Italie, Norvège) - 5 sites de production en France - 85% du chiffre d'affaires est réalisé dans le frais (pains de mie, pains spéciaux, festifs, à finir de cuire...), 7 % dans les pains croustillants et 8 % dans les gaufres
> Bénéficier des efforts de recherche du groupe pour lancer des produits à plus forte valeur ajoutée (DLC à 28 jours contre 16 et 14 chez les concurrents...) > Rationaliser le portefeuille de produits avec une volonté de diversification dans les pains spéciaux et festifs > Développer l'international pour atteindre une proportion de 50 % hors de l'Hexagone

Les quatorze chercheurs du centre de recherche de Jacquet situé à Riom, entre Clermont-Ferrand et Volvic, sont gâtés pour mener leurs expériences sur le pain industriel. Ils se trouvent à quelques encablures de celui de Limagrain, qui n'est autre que sa maison mère, bien connue pour sélectionner les meilleurs blés en tant que leader des semences en France avec un chiffre d'affaires de 1,1 milliard d'euros. D'emblée, Daniel Chéron, directeur général de Limagrain, pose les objectifs pour Jacquet racheté en 1995, au bord du dépôt de bilan : « Nous devons atteindre 500 millions d'euros de chiffre d'affaires à cinq ans, avec une répartition à égalité entre la France et l'étranger. » Un défi de taille pour le numéro deux de la boulangerie industrielle en France, qui talonne Harry's avec à peine 200 millions d'euros de chiffre d'affaires.

Des process originaux

Sur la feuille de route fixée par Daniel Chéron à Emmanuel Aimond, le directeur général qu'il est allé chercher il y a dix-huit mois dans la grande industrie agroalimentaire (Nestlé, Sara Lee), figure en première position la rationalisation du portefeuille de produits. « Nous bénéficions des efforts de recherche du groupe pour développer des produits à forte valeur ajoutée », se félicite Emmanuel Aimond. Comme par exemple de nouveaux process dont le plus original est sans conteste la prolongation de la date limite de consommation du pain de mie à 28 jours, contre 14 et 16 habituellement. Jacquet a également déposé un autre brevet pour « Carrément Mie », un pain de mie sans croûte. Une corde que Harry's a aussi à son arc.

Mais la meilleure manière de se différencier sur un marché des pains emballés en croissance de 4,7 % en valeur à fin août 2009, selon Nielsen, est la diversification. C'est sur les pains spéciaux que Jacquet affiche la meilleure progression (+ 16 % des ventes en volume à fin août). Cela vaut aussi pour les pains hamburgers (+ 50 % en volume). Dans un secteur préempté par les marques propres (50 % de part de marché), Emmanuel Aimond croit pourtant au potentiel du pain de mie. « Nous n'avons pas encore fait le plein. Seulement 15 % des Français mangent des hamburgers et 5 % des pains ethniques. Mais il y a une volonté de manger sain et nous devons renouveler le concept du pain de mie. » À cet effet, Jacquet investit dans son appareil de production avec deux nouvelles lignes de pita. « Seulement 15 % des Français consomment une fois par an du pain précuit, précise Emmanuel Aimond. Nous avons encore de la marge ! ». Des recettes que Jacquet compte bien éprouver dans les pays où il projette d'aller, comme la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne.

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Article extrait
du magazine N° 2107

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