Jardiland croit aux vertus du succursalisme

Pour accélérer son développement, Jardiland concentre le pouvoir au niveau de sa centrale. Deux franchisés viennent ainsi d'apporter leurs 31 magasins au capital de la maison mère.

Étienne Bordet, l'adhérent Jardiland le plus influent avec ses 28 magasins, et Jean-Paul Demaugé, le président du conseil d'administration, ont montré l'exemple aux 14 autres membres du réseau. Le 18 décembre 2002, ils ont en effet cédé l'un et l'autre leurs magasins (31 au total) à Jardiland SA, société qui exploite la centrale d'achats du groupement et qui est détenue en commun par tous les franchisés. En échange de ces apports, Étienne Bordet et Jean-Paul Demaugé ont été rémunérés en actions Jardiland SA.

L'opération accélère la transformation du réseau en une chaîne intégrée. 45 des 91 magasins en France sont désormais des succursales. Le mouvement d'intégration pourrait bientôt prendre encore de l'ampleur. Les 14 autres adhérents sont en effet invités à verser leurs magasins au pot commun, ce qu'ils semblent disposés à faire : ils ont en effet largement approuvé l'apport des 31 magasins à Jardiland SA.

En acceptant de se dessaisir au profit de la centrale, les franchisés abandonnent une partie de leur autonomie. Ils ne sont plus seuls maîtres à bord de leurs magasins, mais actionnaires d'une entreprise où les décisions se prennent à la majorité. Avec le risque que la voix des adhérents les plus importants couvre celle des autres.

L'enseigne s'établira au Portugal dès 2004

En échange, ils deviennent actionnaires d'un groupe réalisant un chiffre d'affaires de 600 millions d'euros et non plus seulement d'un de ses actifs. La valeur de la structure centrale se trouve augmentée de celle des magasins, lesquels sont rattachés de manière irréversible au réseau. Surtout, l'enseigne peut envisager de monnayer son nouveau statut. « Nous sommes maintenant en position d'ouvrir notre capital à un financier si cela s'avère nécessaire », explique Jean-Paul Demaugé.

Le groupe pourrait avoir besoin de liquidités pour se développer. Un entrepreneur seul éprouve de plus en plus de difficulté à porter le projet financier d'un magasin de 5 000 m2 ou 6 000 m2. S'associer permet de s'appuyer sur la capacité d'autofinancement générée par plusieurs dizaines de magasins ce qui a comme avan-tage de pouvoir lutter à armes égales avec des concurrents comme Botanic et Truffaut. Jardiland a aussi besoin de munitions à l'étranger. Après l'Espagne, où l'enseigne compte 6 magasins, « une première unité ouvrira courant 2004 au Portugal », annonce Jean-Paul Demaugé.

Enfin, Jardiland n'exclut pas de prendre des participations dans des pépinières pour sécuriser ses approvisionnements. L'enseigne y voit le moyen « de mettre en place une stratégie végétale au plan national avec une définition des processus de fabrication pour certaines familles ». Une première pépinière vient d'entrer dans le groupe : Étienne Bordet a en effet apporté Pépi France au capital de Jardiland en même temps que ses 28 magasins.
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Article extrait
du magazine N° 1796

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