« Je ne suis pas pessimiste pour la fin d'année »

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Dans un entretien accordé à LSA, le président de l'enseigne de jeux vidéo dresse le bilan d'une année au sein du groupe américain GameStop, et distribue bons et mauvais points aux acteurs du marché.

Maison mère de Micromania, le numéro un mondial de la distribution de jeux vidéo, coté à New York, maintient le cap en 2009. Malgré un marché en recul, GameStop a clos un troisième trimestre avec un chiffre d'affaires en hausse de 8 % par rapport à 2008, à 1,83 Mrd $, et un résultat net en croissance de 12 %, à 52,2 M $. Sur l'année, l'enseigne anticipe toujours un recul des ventes de 4 à 7 %.
Le chiffre d'affaires 2007-2008 (clos au 31 janvier) de Micromania (filiale de GameStop depuis, l'enseigne ne communique plus de chiffres)
Le nombre de magasins Micromania en France, 42 de plus qu'en 2008
Le nombre de visiteurs au salon Micromania Game Show en octobre à la Halle de la Villette à Paris Source : Micromania

L'année 2009 n'aura pas été un jeu d'enfant pour les loisirs interactifs. Moins de grands jeux, moins de nouveautés, moins d'enthousiasme, moins d'annonces fracassantes... Donc moins d'activité. Après avoir battu record sur record les années précédentes, le marché va certainement accuser une baisse d'environ de 10 % en 2009. « Rien de grave », pour Pierre Cuilleret, président de Micromania. La fin d'année pourrait réserver de bonnes surprises, et 2010 devrait permettre de relancer les ventes. La filiale du groupe américain GameStop, qui avait réalisé un chiffre d'affaires de 500 millions d'euros sur son exercice 2007-2008 avant d'être racheté, continue à imposer son savoir-faire dans la distribution de jeux vidéo : constitution d'une très grande communauté, ouvertures fréquentes de magasins, gros travail sur la marque Micromania. De quoi constituer un bateau assez solide pour passer sans encombre les avaries. Entretien.

LSA - Un an après le rachat de Micromania par GameStop, quel bilan tirez-vous ?

Pierre Cuilleret - Un bilan positif, car il y a continuité de l'action menée depuis des années. Nous avons fait ce que nous avions annoncé : nous avons ouvert 42 magasins sur l'année écoulée, plus 10 supplémentaires d'ici à la fin de l'année, et nous avons conservé la marque Micromania. Aujourd'hui, nous disposons de 370 magasins en propre et 3,5 millions de porteurs actifs de la Mégacarte, notre système de fidélisation. Par ailleurs, notre salon, le Micromania Game Show, qui a eu lieu cette année à la Grande Halle de la Villette, a attiré 60 000 personnes, un peu plus que les années précédentes.

 

LSA - Le paysage n'est pas si idyllique que cela, puisque le marché était en recul de 12 % à fin juin et pourrait accuser un recul sur l'année. Dans ce contexte, comment évolue votre part de marché ?

P. C. - Elle est restée stable [à 20 %, NDLR]. Mais je ne suis pas si pessimiste pour la fin d'année, car il est trop tôt pour tirer un bilan. Il y a eu, récemment, une baisse de prix générale des consoles qui devrait contribuer à relancer ce marché, et de nombreux grands jeux sont attendus sur cette fin d'année. Je pense à Call of Duty : Modern Wardare 2 et Assassin's Creed 2, qui dépassent le cinéma tant par leur aspect visuel que par le scénario. Or, c'est cette expérience nouvelle en haute définition qui est apte en cette fin d'année à tirer le marché. En 2010, de nouvelles sorties vont encore ouvrir le jeu vidéo à de nouveaux publics, comme le projet Natal, de Microsoft, qui permettra de contrôler le jeu à l'écran sans manette, seulement avec les mains.

 

LSA - Il n'y a pas beaucoup de Nintendo dans ce que vous citez. Or, cette marque a permis d'ouvrir le marché aux non-joueurs avec la Wii et la DS...

P. C. - Ils ont un beau catalogue pour la fin d'année aussi, avec un Zelda sur DS, un New Super Mario Bros sur Wii, et des succès qui devraient se prolonger, comme Wii Sport Resort et Wii Fit Plus. Mais ils ont un vrai problème de piratage à régler sur leurs consoles. La baisse de prix de la Wii [NDLR, 200 E au lieu de 249 E] n'a pas eu l'effet d'entraînement attendu sur les ventes. En 2010, ils devront sortir de très gros jeux, car j'ai l'impression que les consommateurs ont vraiment validé la haute définition...

 

LSA - Où en est-on avec la polémique PSP Go, la console portable de Sony qui ne propose que des jeux en téléchargement ? L'avez-vous finalement référencée ?

P. C. - On doit pouvoir la trouver en magasins, je pense...

 

LSA - La pilule n'est toujours pas passée ?

P. C. - Non, mais quand je vais chez d'autres en-seignes, je ne la vois pas beaucoup non plus. Les consommateurs n'ont, semble-t-il, pas été conquis par la PSP Go. Ceci dit, je pense que la dématérialisation des jeux [qui prive la distribution de la vente, lucrative, de jeux vidéo, NDLR] ne fait pas peur à GameStop ni à Micromania. Nous sommes pour donner du contenu additionnel aux jeux, car cela permet de les faire vivre plus longtemps en magasins. Quant à imaginer un écosystème 100 % dématérialisé dans lequel il n'y aurait plus que des jeux en téléchargement, ce n'est pas pour demain. Les obstacles techniques sont trop forts. Et si tous les jeux étaient en téléchargement sur les sites des fabricants de consoles, cela constituerait une avalanche de contenus trop importante pour les clients. Or, trop de choix tue le choix. Et c'est sur le conseil et la mise en avant que les magasins physiques ont une carte à jouer.

 

LSA - Dans sa communication, Apple parle de son iPhone et de l'iPod Touch comme de vraies consoles de jeux. Verra-t-on un jour ces machines chez Micromania ?

P. C. - Pour l'heure, non, mais rien n'est fermé. Apple rencontre, semble-t-il, des difficultés avec son iPod Touch [un iPhone sans la capacité de téléphoner, NDLR], et essaie de le positionner comme une console. Or, pour le moment, l'expérience de jeu sur cette machine est anecdotique et incomparable avec celle de consoles portables comme la DS ou la PSP.

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Article extrait
du magazine N° 2113

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