Jean-Claude Bourrelier (Bricorama) : "Il est plus difficile de réussir aujourd'hui dans la distribution"

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Le patron autodidacte de Bricorama, Jean-Claude Bourrelier, sort un livre le 21 janvier 2016. Son titre : "Ma boîte à outils pour la reprise". Il y raconte sa vie d'entrepreneur et livre quelques conseils pour "débloquer" la société. Interview.

Celui qui s'est fait le défenseur de l'ouverture le dimanche publie un livre.
Celui qui s'est fait le défenseur de l'ouverture le dimanche publie un livre.© DR

LSA : Pourquoi avoir décidé de publier un livre?
Jean-Claude Bourrelier
: A la suite de mes sorties médiatiques sur le travail le dimanche, un éditeur est venu me voir en me disant que j'avais des choses intéressantes à raconter. Comme je dois beaucoup à la lecture qui m'a cultivé, je l'ai fait avec plaisir.Je n'étais pas pour l'ouverture le dimanche, mais je l'ai défendue dans un souci de justice par rapport à d'autres enseignes, celles qui dominent le marché, qui, elles, ouvraient ce jour-là.

LSA : Vous dirigez un groupe de 4600 personnes qui réalise presque 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires et vous dites que vous aimeriez franchir la barre des 5000 pour devenir officiellement une grande entreprise. Pourquoi?
J-C Bourrelier
: Mon plus grand regret, c'est de ne pas avoir pu racheter Brico en Belgique et Obi en France. J'avais introduit le groupe en Bourse en 1996 pour cette raison-là. Et puis, depuis vingt ans, nous discutons avec Mr Bricolage. Nous n'avons pas trouvé de compromis à cause du management. Ma dernière tentative en septembre dernier a échoué, mais c'est toujours en gestation. Le temps, ça aide dans les affaires. Un rapprochement pourrait aboutir en 2017. J'ai des conflits d'intérêt avec certaines personnes, mais pas beaucoup d'ennemis.

LSA : Dans ce livre, vous dénoncez une société française bloquée, notamment en termes d'éducation. Mais la grande distribution n'est-elle pas un des derniers secteurs où l'ascension sociale fonctionne encore?
J-C Bourrelier
: Oui, mais elle fonctionne moins bien qu'avant. Une caissière peut encore devenir directrice de magasin, oui c'est encore possible. Mais je ne suis pas sûr qu'aujourd'hui, je réussirai à refaire ce que j'ai fait. Quelqu'un qui n'a pas fait d'études aura toujours du mal à convaincre un banquier. Moi, mes meilleurs banquiers, c'était mes fournisseurs qui m'aidaient à financer mon stock! Aujourd'hui, la distribution nécessite plus de capital. Ceux qui réussissent le mieux, c'est sur Internet, où il faut mobiliser beaucoup de capitaux.

LSA : Comment voulez-vous déverrouiller alors la société française?
J-C Bourrelier : Il faudrait supprimer les charges sociales de tous les salariés. Sur un bulletin de salaire, il y a 33 lignes de charges pour un cadre et 31 pour un employé. Contrairement aux idées reçues, ces charges sont payées intégralement par le salarié. C'est lui la victime des salaires réduits au minimum par le poids des charges, et non l'employeur. Les salaires sont aussi trop bas en France. Il faudrait les augmenter de 10% pendant deux ans. Il faut redonner de l'air aux gens et les rendre responsables. Lorsque j'ai introduit en Bourse Bricorama, j'ai demandé une dérogation au mInistère de l'Economie pour accorder des actions à tous les salariés.

LSA : La question de l'ouverture des magasins le dimanche, pour laquelle vous vous êtes battu, a été réglée par la loi Macron. Etes-vous satisfait?

J-C Bourrelier : Mes collègues dans le bricolage sont désormais tranquilles! Ils pourraient me remercier. Castorama et Leroy Merlin ont versé quelques millions d'euros à Force Ouvrière pour avoir la paix. Au début, chez Bricorama, nous avons eu du mal à retrouver nos clients. Maintenant, cela va mieux dans nos 31 magasins ouverts le dimanche.

 

 

1 commentaire

Multon

18/01/2016 21h47 - Multon

Bonjour, Grand patron Jean-Claude Bourrelier !! Manager et visionnaire, bravo !

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